(Paris) Les marchés actions ont préféré se concentrer jeudi sur les perspectives de reprise aux États-Unis et de bons indices manufacturiers plutôt que sur les nouvelles restrictions annoncées en Europe avant un long week-end de Pâques.

Agence France-Presse

De l’ouverture à la clôture, l’optimisme a régné sur les principales Bourses européennes : Francfort a fini en hausse de 0,66 %, après avoir établi un nouveau plus haut en séance, à 15 110,92 points. Paris a gagné 0,59 %, Londres (+0,35 %) et Milan (+0,25 %).  

Malgré la hausse-surprise des inscriptions hebdomadaires au chômage qui ont repassé la barre des 700 000 demandes, la semaine dernière aux États-Unis, Wall Street préférait se réjouir de la hausse supérieure aux attentes du secteur manufacturier en mars et des perspectives de reprise.

Le Dow Jones prenait 0,38 %, le NASDAQ, à forte coloration technologique, +1,48 % et le S&P 500 dépassait pour la première fois en séance le seuil des 4000 points.

Plus tôt l’Asie avait fini dans le vert.

Les marchés boursiers occidentaux seront fermés vendredi et lundi en raison du week-end de Pâques.

Les « nouvelles restrictions liées à la hausse des infections ne déstabilisent pas les investisseurs », commente Timo Emden, analyste indépendant.

« Malgré la résurgence de la pandémie de coronavirus dans plusieurs pays, l’activité mondiale reste vigoureuse et les perspectives toujours favorables », rappelle Emmanuel Auboyneau, gérant associé chez Amplegest.

Le président américain Joe Biden a proposé mercredi d’investir, au cours des huit prochaines années, quelque 2000 milliards de dollars dans les transports, l’industrie ou encore les réseaux internet, pour améliorer la compétitivité du pays.

Un ambitieux programme d’infrastructures qu’il entend financer grâce aux impôts des entreprises.  

Compte tenu de ce tableau macroéconomique, les taux longs américains étaient remontés mercredi, mais ils refluaient jeudi. Le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans se détendait à 1,68 % contre 1,74 % la veille, entraînant dans son sillage les taux européens à la baisse.

Sur le plan sanitaire, la situation en Europe était loin d’être radieuse avant les fêtes de Pâques.

L’OMS a dénoncé la lenteur de la vaccination en Europe, jugeant la situation épidémique particulièrement « inquiétante » sur ce continent où plusieurs pays ont dû durcir leurs mesures sanitaires, à l’instar de la France qui va fermer ses établissements scolaires.

L’Italie a de son côté prolongé ses restrictions jusqu’au 30 avril, dont la fermeture de restaurants, commerces et musées.

Atos trébuche sur ses comptes

Les commissaires aux comptes d’Atos ont émis une réserve sur ses comptes 2020 aux États-Unis, un camouflet qui a fait plonger le titre en Bourse (-12,42 % à 58,26 euros) et alimente une certaine défiance des investisseurs envers un groupe jugé insuffisamment transparent.

Deliveroo continue à faire grise mine 

Le titre de la plateforme de livraison alimentaire Deliveroo  a perdu 1,90 % à 282 pence à Londres au lendemain d’une première journée cauchemardesque en Bourse.  

Son concurrent allemand Delivery Hero est monté de  en revanche de 2,11 % à 114,40 euros à Francfort après le renforcement à son capital du fonds d’investissement Prosus.

Mea culpa de Volkswagen

Le titre a gagné 1,07 % à 241,15 euros. Le régulateur allemand des marchés financiers, la BaFin, a indiqué à l’AFP ne pas enquêter au sujet de l’annonce, au final humoristique, d’un changement de nom aux États-Unis au profit de « Voltswagen ». L’action avait grimpé mardi après un communiqué en ce sens que le groupe, puis rebaissé le lendemain, mais la BaFin ne voit pas « selon les informations disponibles » de manipulation des marchés.  

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin

Les prix du pétrole étaient en hausse jeudi après que les pays producteurs de pétrole liés par l’accord OPEP+, emmenés par l’Arabie saoudite et la Russie ont décidé d’alléger progressivement leurs coupes de production d’« or noir » à compter du mois de mai.  

Vers 12 h 20, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, valait 63,57 dollars à Londres, en hausse de 1,32 % par rapport à la clôture de la veille.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois de mai s’appréciait de 1,71 %, à 60,16 dollars.

Dans le même temps, l’euro prenait 0,40 % face au dollar à 1,1778 dollar et le bitcoin cédait 0,19 % à 58 850 dollars.