(New York) Les marchés boursiers européens ont fini en liesse mardi alors que Wall Street s’est montrée inquiète face à la remontée du rendement à 10 ans sur les bons du Trésor américain.

Agence France-Presse

La Bourse de Francfort a franchi un nouveau cap historique, l’indice Dax des 30 valeurs phares passant le seuil des 15 000 points à la clôture grâce à un bond de 1,29 %. Même tonalité ailleurs en Europe, avec une hausse du même acabit à Paris (+1,21 %) mais un peu moins exaltée à Londres (+0,53 %) et Milan (+0,88 %).

Wall Street a limité ses pertes grâce à un indicateur bien meilleur que prévu mais la progression du taux américain à 10 ans sur le marché de la dette souveraine a pesé sur les valeurs technologiques.

Le Dow Jones, qui avait fini à un record lundi, a perdu 0,31 %, le NASDAQ a cédé 0,11 %, et l’indice élargi S&P 500 a reculé de 0,32 %.

« L’Europe continue de se focaliser sur les commentaires de reprise », mettant de côté la situation sanitaire préoccupante sur son territoire et la remontée des rendements obligataires au niveau mondial, indique Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

Dans ce contexte, les valeurs cycliques susceptibles de profiter particulièrement de la croissance attendue ont été avantagées, tirant vers le haut les indices européens où elles sont très présentes.

La directrice générale du Fonds monétaire international a estimé mardi que la croissance européenne, à la traîne comparée à celle des États-Unis, devrait être « solide » au second semestre.

Les espoirs d’une reprise rapide outre-Atlantique, confortés par l’amélioration plus forte que prévu de la confiance des consommateurs américains en mars et par la perspective d’une nouvelle campagne de vaccination accélérée, ont en revanche entraîné une poursuite de la hausse des taux souverains.

« Avant la présentation du plan d’investissement dans les infrastructures, les taux reprennent donc leur trajectoire haussière aux États-Unis », a noté Tangi Le Liboux, stratégiste chez Aurel BGC.

Le président américain Joe Biden, qui doit s’exprimer mercredi depuis Pittsburgh (nord-est), va lancer une nouvelle offensive budgétaire avec un projet d’investissements massifs dans les infrastructures après avoir fait adopter par le Congrès un plan de sauvetage centré sur la pandémie de COVID-19 de près de 2000 milliards de dollars.

Le bon du Trésor américain à dix ans évoluait autour de 1,74 %, après être monté jusqu’à 1,77 %, nouveau plus haut depuis fin janvier 2020. Dans son sillage, les rendements européens de même maturité se sont significativement redressés (de 3 à 8 points de base).

Les bancaires reprennent des couleurs

Les titres du secteur bancaire ont rebondi, sur fond de remontée des taux d’emprunt, après avoir souffert la veille dans la foulée de la vente massive d’actions par le fonds d’investissement américain Archegos Capital Management : Société Générale a gagné 3,96 % à 22,57 euros, BNP Paribas 3,85 % à 52,62 euros et Crédit Agricole 2,72 % à 12,48 euros.

À Londres, Barclays s’est arrogé 4,86 % à 189,14 pence et Lloyds +2,47 % à 43,10 pence.  

L’automobile également en haut de l’affiche

À Francfort, Volkswagen (+4,70 % à 240,55 euros) qui a récemment détrôné le fabricant de logiciels SAP comme première capitalisation dans l’indice, a tiré le Dax vers le haut.

Le géant allemand de l’automobile a annoncé qu’il renommait sa filiale américaine « Voltswagen » pour souligner son « investissement futur dans la mobilité électrique ». Mais des représentants du groupe ont indiqué plus tard dans la journée à des médias américains qu’il s’agissait en réalité d’un poisson d’avril anticipé.

Les autres valeurs automobiles ont aussi fini dans le haut du tableau, à l’image de BMW (+3,74 % à 88,80 euros) et Daimler (+3,03 % à 75,94 euros) ou encore Stellantis (+3,16 % à 15,10 euros) et Renault (+3,32 % à 37,65 euros) à Paris.

Du côté des changes, du pétrole et du yen

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a fini à 64,14 dollars à Londres, en baisse de 1,29 % par rapport à la clôture de lundi.

À New York, le baril américain de WTI pour le même mois a perdu 1,64 %, à 60,55 dollars.

Dans le même temps, l’euro reculait toujours (-0,42 %) face au billet vert, à 1,1717 euro pour un dollar.

Le dollar gagnait 0,49 % face au yen, à 110,35 yens pour un dollar, après être repassé au-dessus du seuil des 110 yens pour la première fois depuis mars 2020.