(New York) Les marchés européens ont clôturé en ordre dispersé jeudi, Wall Street parvenant à terminer dans le vert après une séance volatile, alors que l’Europe fait face à des difficultés d’approvisionnement en vaccins, que tentent de résoudre les 27 à l’occasion d’un sommet de l’UE.

Agence France-Presse

Paris a fini en hausse de 0,09 %, Francfort de 0,08 % et Milan de 0,04 %, mais Londres a perdu 0,57 % et Madrid 0,41 %.

À Wall Street, le Dow Jones a progressé de 0,62 % à la clôture et le S&P 500 de 0,52 % tandis que le NASDAQ a grappillé 0,12 %.

« Les marchés européens sont fragilisés par des perspectives de réouverture des économies moins rapides qu’anticipée », note Michael Hewson, analyste en chef pour CMC Markets UK.

Alors que la campagne de vaccination bat son plein aux États-Unis et au Royaume-Uni, l’Europe avance à tâtons, affectée par des livraisons de doses toujours limitées. De ce fait, l’horizon reste flou et la reprise espérée au printemps va prendre du retard.

C’est dans ce contexte que les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se sont réunis virtuellement jeudi pour aborder la lenteur des campagnes vaccinales et les problèmes de livraisons d’AstraZeneca.

« Accélérer la production, les livraisons et le déploiement des vaccins reste essentiel et urgent pour surmonter la crise. Les efforts en ce sens doivent être intensifiés », affirment les dirigeants des 27 États membres dans un projet de conclusions consulté par l’AFP.

Pour améliorer l’accès aux vaccins, Bruxelles a déjà renforcé un mécanisme inauguré en janvier pour en contrôler les exportations.  

À titre d’exemple, l’Union européenne a exporté depuis début décembre au Royaume-Uni environ 21 millions de doses produites sur son sol selon des chiffres européens communiqués jeudi, pendant que le Royaume-Uni n’a rien exporté vers l’UE.

Le retard pris par l’Union européenne sur son calendrier vaccinal pourrait coûter aux Vingt-Sept 123 milliards d’euros en 2021 selon l’assureur-crédit Euler Hermes.

Contrecoup des pétrolières

En écho au reflux des cours du brut, le secteur a creusé ses pertes : le titre Total a reculé de 1,67 % à 38,75 euros après avoir fortement avancé la veille dans le sillage d’un bond des cours de l’or noir. À Londres, BP a lâché 2,60 % à 294,00 pence, et Royal Dutch Shell 2,61 % à 1351,00 pence.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai s’est replié de 3,81 % à 61,95 dollars par rapport à la clôture de mercredi. À New York, le baril américain de WTI pour mai est redescendu de 4,28 % 58,56 dollars.

Grèves chez Deliveroo

La plateforme de livraison alimentaire, qui prépare une introduction en Bourse très attendue, fait face dans les prochains jours à une série de mouvements sociaux dans le monde de la part de ses livreurs mécontents de leurs conditions de travail, en France et au Royaume-Uni notamment.

Mise à jour d’Astrazeneca 

Le laboratoire (+1,12 % à 7210 pence), qui s’était engagé mardi à fournir sous 48 heures des données récentes au régulateur américain supervisant les essais cliniques, a annoncé qu’une nouvelle analyse de ses essais américains montrait que son vaccin contre la COVID-19 était efficace à 76 % pour la prévention des symptômes de la maladie, au lieu de 79 % déclarés trois jours plus tôt.

Siemens Healthineers en berne

La branche médicale (-0,39 % à 46,20 euros) du géant allemand Siemens a annoncé avoir levé 2,3 milliards d’euros en Bourse pour achever de financer le rachat du spécialiste américain du traitement du cancer Varian.  

L’euro et le bitcoin refluent

À 15 h, l’euro reculait face au dollar (-0,30 %) à 1,1778 dollar, proche de son plus faible niveau depuis mi-novembre.

Le bitcoin repartait à la baisse (-3,25 % à 52 293 dollars) au lendemain d’une hausse de plus de 2 %, après que le patron de Tesla, Elon Musk, a annoncé que le constructeur de véhicules électriques accepterait désormais des paiements en bitcoins.