(New York, Toronto) La Bourse de New York a conclu en ordre dispersé vendredi une semaine volatile marquée par la hausse des taux obligataires et les décisions de la Banque centrale américaine (Fed).

Agence France-Presse, La Presse Canadienne

L’indice Dow Jones a abandonné 0,71 % à 32 627,97 points. Le NASDAQ, à forte coloration technologique qui avait accusé sa plus forte chute en trois semaines la veille, a rebondi de 0,76 % à 13 215,24 points. Le S&P 500 a lâché 0,06 % à 3913,10 points.

Les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans, qui avaient rapidement bondi jeudi après une réunion monétaire de la Fed, se sont assagis, restant toutefois proches de leur plus haut en 14 mois au-dessus de 1,72 %.

Vendredi, les trois principaux indices avaient nettement fléchi en début de séance, plombés par la chute des valeurs bancaires.  

Juste avant l’ouverture de Wall Street, la Banque centrale (Fed) a annoncé aux banques qu’elle levait une mesure temporaire d’assouplissement de leurs capitaux requis, prise pendant la pandémie pour soutenir l’activité.  

Cela a pesé sur les actions des banques, Bank of America, Morgan Stanley, Citigroup perdant toutes plus de 1 % à la clôture.

Mais la place new-yorkaise s’est en partie reprise « alors que les taux obligataires se sont stabilisés et que les actions du secteur de la technologie ont affiché un rebond », notent les analystes de Wells Fargo.

Sur la semaine, Wall Street termine néanmoins dans le rouge. L’indice des valeurs vedettes Dow Jones a cédé 0,46 %, le NASDAQ a perdu 0,79 % et le S&P 500, plus représentatif du marché américain, a lâché 0,77 %.

Mais selon Karl Haeling de la banque LBBW, « tant que les rendements obligataires ne bondissent pas rapidement comme ils l’ont fait jeudi, grimpant de 8 points de base en 20 minutes, le marché continuera à grimper », alors que la campagne de vaccination avance vite aux États-Unis et que les chèques de relance atterrissent dans les comptes en banque des Américains.

Cette semaine, la tension sur les taux obligataires a fait suite aux déclarations de la Fed qui, si elle a assuré maintenir sa politique monétaire ultra-accommodante, a aussi fortement relevé sa prévision de croissance à 6,5 % pour 2021 et d’inflation à 2,4 %. Le marché s’inquiète de savoir si cette accélération des prix sera vraiment temporaire comme l’affirme la Banque centrale.

La volatilité du marché vendredi a été accentuée par l’absence d’indicateurs macro-économiques et par l’expiration en cette journée, dite des « Quatre sorcières », de plusieurs contrats sur des produits financiers, relevait aussi Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

Au rang des actions, FedEx a engrangé 6,10 % après avoir annoncé de bons résultats jeudi soir avec un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 23 % pour le transporteur express, porté par l’envolée du commerce en ligne.

Nike a perdu 3,97 % après des résultats trimestriels mitigés la veille en raison notamment de stocks bloqués par la congestion des ports américains.

Visa a lâché 6,24 % après des informations de presse selon lesquelles le ministère de la Justice a ouvert une enquête à l’encontre de l’entreprise, pour pratiques anticoncurrentielles.

Toronto au même niveau qu’en début de semaine

Les actions du secteur de la consommation discrétionnaire ont favorablement réagi aux plus récentes données sur les ventes de détail, ce qui a permis à l’indice de référence de la Bourse de Toronto de terminer la semaine essentiellement au même niveau où il l’a commencée.

Les actions de plusieurs grands détaillants canadiens ont avancé vendredi, même si les ventes au détail ont reculé en janvier pour un deuxième mois consécutif. Dans son nouveau rapport sur le secteur, Statistique Canada a évoqué des données préliminaires témoignant d’un rebond des ventes en février, avec l’assouplissement des restrictions sanitaires.

Le titre d’Aritzia a avancé de 3,5 %, pendant que celui de Canadian Tire prenait 3,1 %. Le secteur de la consommation discrétionnaire dans son ensemble a gagné 1,4 %.

« Même si c’est en baisse en janvier, nous voyons déjà une progression », a noté Kevin Headland, stratège en investissement chez Gestion de placements Manuvie, en référence aux chiffres mensuels de Statistique Canada au sujet du commerce de détail.

M. Headland s’attend à des améliorations dans les mois à venir, puisque les chiffres de janvier n’étaient pas le résultat d’un environnement plus faible.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné vendredi 17,53 points pour clôturer la séance avec 18 854,00 points. Il a cumulé un gain de moins de trois points sur l’ensemble de la semaine, même si cette dernière l’a vu franchir pour la première fois de son histoire le cap des 19 000 points.

Le secteur de l’énergie a été le grand gagnant vendredi, avec une croissance de 2,2 %, ce qui était notamment attribuable à une hausse de 2,3 % du cours de référence du pétrole brut. En tout, sept secteurs du TSX ont avancé.

À l’inverse, les secteurs des matériaux et des télécommunications se sont retrouvés parmi les quatre groupes qui ont perdu des plumes.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 79,96 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 80,27 cents US de la veille.