(New York) L’Europe boursière a salué jeudi les annonces de la Banque centrale européenne qui a balayé les craintes d’une reprise en force de l’inflation et Wall Street s’est réjouie de la signature par Joe Biden d’un nouveau plan de relance.

Agence France-Presse

À la Bourse américaine, le NASDAQ a grimpé de 2,52 % pendant que le Dow Jones (+0,58 %) et l’indice élargi S&P 500 (+1,04 %) ont fini à des records.

Côté européen, les voyants sont également restés dans le vert : le Dax (+0,20 %) a signé un record de clôture, Paris a avancé de 0,72 %, Milan de 0,82 % et Londres de 0,17 %.

La Banque centrale européenne a décidé jeudi d’accélérer le rythme de ses rachats de dette afin de calmer la nervosité des marchés face à une récente hausse des taux obligataires, tout en balayant les craintes d’un dérapage de l’inflation.

« Cela laisse penser que la BCE est relativement à l’aise avec l’évolution récente (NDLR Du marché obligataire), mais qu’elle veut éviter une nouvelle hausse des rendements », souligne Esty Dwek, responsable des stratégies de marché de Natixis Investment Managers Solutions.

Et « le fait que la BCE n’ait pas modifié ses prévisions d’inflation à long terme prouve également qu’elle n’est pas d’accord avec la récente évaluation des prévisions d’inflation (qui a provoqué la remontée des rendements) », observe Paul Brain, responsable du marché obligataire chez Newton Investment Management.

Les attentes à l’égard de la politique monétaire se sont accrues ces dernières semaines, qui ont été marquées par une hausse brutale de la volatilité sur le marché de la dette souveraine, perçue comme le reflet de l’anticipation d’une reprise de l’inflation.

Après la communication de la BCE, les rendements des emprunts souverains se sont significativement détendus en zone euro, plus particulièrement ceux des pays du sud de l’Europe. Le taux du Trésor américain à dix ans s’établissait à 1,53 % après avoir dépassé le seuil des 1,60 % en début de semaine.

Le secteur technologique a profité à la fois de la baisse des taux obligataires et de l’élan du NASDAQ.

Le marché américain a aussi bien accueilli signature par le président américain d’un vaste plan de relance de 1900 milliards de dollars.

Ce texte comprend entre autres des chèques aux familles, qui pourraient être envoyés dès ce week-end, des crédits d’impôt, des aides aux petites entreprises et une enveloppe pour les établissements scolaires.

AstraZeneca dans la tourmente

Le titre a perdu 2,52 % à 7011 pence à Londres après que le Danemark et la Norvège ont suspendu par précaution et jusqu’à nouvel ordre l’utilisation du vaccin du groupe contre la COVID-19 à cause de craintes liées à la formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées.

EDF électrifié

Le titre EDF a flambé de 10,92 % à 10,97 euros alors que les négociations avec la Commission européenne au sujet du projet Hercule de restructuration du groupe sont entrées dans leur dernière phase.

Rolls-Royce bien orienté malgré ses pertes

Le fabricant de moteurs britanniques Rolls-Royce (+0,71 % à 113,80 pence), durement frappé par la pandémie, notamment à cause de sa branche d’aviation civile, a dévoilé jeudi une perte plus que doublée en 2020 à 3,2 milliards de livres.

Les bancaires affectées par le tassement des taux

Le reflux des rendements obligataires, dont la hausse profite aux marges des banques, a freiné le secteur. À Francfort, Deutsche Bank a reculé (-1,61 % à 10,51 euros) à l’instar de Commerzbank (-1,67 % à 5,42 euros) et Société Générale (-2,26 % à 21,39 euros) ou BNP Paribas (-0,82 % à 52,33 euros) à Paris.

Du côté des devises, du pétrole et du bitcoin

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a fini à 69,63 dollars à Londres, en hausse de 2,54 % par rapport à la clôture de la veille.  

À New York, le baril américain de WTI pour avril a avancé de 2,45 %, à 66,02 dollars.

Dans le même temps, l’euro montait de 0,50 % face au dollar, à 1,1985 dollar.  

Le bitcoin montait de 2,35 % autour de 57 640 dollars.