(New York) La prudence restait de mise jeudi sur les marchés actions, les craintes d’inflation et des indicateurs américains décevants venant un peu contrarier l’optimisme régnant sur les marchés depuis le début de l’année.

Mis à jour le 18 févr. 2021
Agence France-Presse

À la clôture des Bourses européennes jeudi, Paris affichait une perte de 0,65 %, Londres de 1,40 %, Milan de 1,11 %, Madrid de 0,80 % et Francfort de 0,16 %.

Wall Street a terminé aussi en baisse, le Dow Jones perdant 0,38 %, le NASDAQ -0,72 % et le S&P 500 -0,44 %, lestés notamment par un recul des mises en chantier de logements neufs en janvier et une hausse des inscriptions hebdomadaires au chômage.

Relativement disparues des radars depuis des années, les craintes de hausse d’inflation reviennent en force ces dernières semaines et pèsent sur la tendance.

Cela a des effets directs sur le rendement des taux d’emprunt à long terme. Le taux à dix ans américain est ainsi proche de ses plus hauts en un an avec 1,28 %. Dans son sillage, en zone euro, les taux allemand et français évoluent à leurs plus hauts depuis juin et juillet 2020.

Plusieurs observateurs « pensent qu’à partir d’un taux américain de 1,50 % des tensions peuvent apparaître (sur les marchés actions) en raison d’arbitrages entre actions et obligations », ces dernières devenant plus rémunératrices, commente Laurent Le Grin directeur général de Degroof Petercam, auprès de l’AFP.

Les marchés d’actions profitent aujourd’hui à plein des liquidités des Banques centrales. Mais les investisseurs craignent que la hausse des prix et des taux sur le marché obligataire n’entraîne un resserrement plus tôt qu’escompté de la politique monétaire.

Les messages de la Fed et de la BCE se veulent toutefois rassurants.  

Une nouvelle baisse des taux n’est pas à exclure pour soutenir la reprise fragile, évoque la Banque centrale européenne dans le compte-rendu de sa précédente réunion, publié jeudi.

La Banque centrale américaine a quant à elle assuré dans un compte rendu mercredi qu’elle maintiendrait ses taux très bas pour soutenir l’économie jusqu’au retour du plein emploi.  

Néanmoins, les investisseurs se demandent si un plan monumental d’aide à l’économie, comme celui de 1900 milliards de dollars, défendu par le président Joe Biden et en attente de validation, ne conduira pas à faire évoluer la politique monétaire américaine.

L’auto allemande brille

Daimler (+2,22 % à 66,89 euros) table pour l’année 2021 sur une hausse « significative » de ses ventes et de son résultat d’exploitation, a-t-il indiqué jeudi.

Le premier constructeur européen Volkswagen (+4,64 % à 168,86 euros) envisage de son côté de placer en Bourse des actions de sa filiale Porsche produisant des bolides de luxe, selon le Manager Magazin.

L’aérien à terre

Le titre du constructeur aéronautique Airbus a reculé de 2,78 % à 91,29 euros après une perte nette de 1,1 milliard d’euros en 2020.

Même punition pour le titre ADP (-1,86 % à 95,00 euros) : le gestionnaire français d’aéroports a subi une perte nette de 1,17 milliard d’euros en 2020 sous l’effet de la COVID-19, qui a amputé son trafic passagers de 60 %.

Varta manque d’énergie

Le fabricant de piles et chargeurs a plongé (-13,2 % à 134,10 euros), souffrant de fortes prises de bénéfices après avoir fait état de prévisions faibles sur l’année.

Barclays pâtit de la crise

La banque britannique a plongé (-4,44 % à 147,50 pence) après avoir dévoilé une forte baisse de ses profits en 2020 en raison de la pandémie et en annonçant un retour du dividende, mais sans convaincre les marchés.

Le géant Walmart fléchit

Le géant américain de la distribution Walmart a plombé le Dow Jones, perdant 6,41 %, après avoir accusé un repli de son bénéfice par action malgré une belle progression de ses ventes.

Côté devises, pétrole et bitcoin

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a reculé de 0,64 % par rapport à la clôture de mercredi, à 63,93 dollars.  

Le baril américain de WTI pour le mois de mars a perdu 1,01 % à 60,52 dollars.

L’euro s’affichait pour sa part en hausse de 0,47 % face au billet vert, à 1,2094 dollar.

Le bitcoin s’échangeait autour de 52 144,86 dollars (-0,49 %).