(New York) Les cours du pétrole ont continué d’avoir, modestement, le vent en poupe mercredi alors que Joe Biden a prêté serment comme 46e président des États-Unis et que l’horizon se dégage pour la demande.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a gagné 0,32 % ou 18 cents par rapport à la clôture de mardi, à 56,08 dollars.

Le baril américain de WTI pour le mois de février, dont c’est le dernier jour de cotation, a progressé de 0,49 % ou 26 cents à 53,24 dollars.

Les cours des deux contrats de référence s’étaient rapprochés plus tôt à Londres de leurs derniers records depuis fin février 2020 touchés mercredi dernier (respectivement de 57,42 dollars et 53,93 dollars le baril). Ils ont modéré leur hausse en séance à New York.

« Le pétrole confirme son élan avec le rebond du WTI au-dessus de 53 dollars. Le sentiment du marché reste positif, les investisseurs parient sur la reprise de la demande une fois que les vaccins auront vaincu le virus, mettant ainsi fin aux confinements de ces derniers mois », a expliqué Carlo Alberto De Casa, analyste d’Activtrades.

Infrastructure

Les prix du brut ont aussi progressé dans le sillage de la cérémonie d’investiture de Joe Biden. Avec l’arrivée du président démocrate vient la promesse d’une aide budgétaire massive, vue d’un œil favorable par les marchés.  

La veille, Janet Yellen, future secrétaire au Trésor américain, avait appelé à « voir grand » dans le soutien budgétaire à l’économie, ce qui avait été bien accueilli par les investisseurs.

« C’est un nouveau jour pour l’Amérique et pour le marché du brut, les perspectives sous son administration sont très optimistes », a assuré Phil Flynn de Price Futures Group.  

« Le mépris pour les dossiers de l’énergie fossile et l’adoration sur l’autel du changement climatique vont restreindre l’offre américaine et entraîner une hausse des prix », ajoute l’analyste.

M. Biden devait signer mercredi après-midi un décret bloquant le projet controversé de l’oléoduc Keystone XL entre le Canada et les États-Unis.

Pour Christopher Page de Rystad Energy, l’arrivée de l’administration Biden va soutenir les cours pour d’autres raisons.  

Il prévoit une hausse de la demande de pétrole américain d’environ 350 000 barils par jour, « en raison de la relance économique prévue à court terme et de son plan d’infrastructure ».  

Ce projet de relance de 1900 milliards de dollars mise sur une aide financière aux familles américaines à faible revenu, des prestations d’assurance-chômage prolongées et des soutiens aux États.

Le rapport de l’AIE rendu public mardi sur la demande d’or noir a par ailleurs fait état de commentaires plutôt optimistes pour la solidité de la reprise, même s’il a révisé légèrement ses prévisions à la baisse.

Mercredi, après la clôture, les investisseurs disposeront des estimations de stocks américains de l’American Petroleum Institute (API), la fédération des professionnels du secteur pétrolier, qui sont prévus diminuer un peu.  

Le rapport hebdomadaire plus officiel sur les stocks pétroliers américains établi par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) sera publié vendredi.