(New York et Toronto) La Bourse de New York a conclu prudemment mercredi une séance en dents de scie, sous l’influence des tensions politiques au Congrès, de la poursuite de la campagne de vaccination contre le coronavirus et de l’approche de la saison des résultats à Wall Street.

Agence France-Presse et La Presse Canadienne

Selon des résultats définitifs à la clôture, le Dow Jones a terminé proche de l’équilibre (-0,03 %) à 31 060,47 points.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a affiché un progrès de 0,43 % à 13 128,95 points, tandis que l’indice élargi S&P 500 a avancé de 0,23 %, à 3809,84 points.

Le principal indice de la Bourse de Toronto a retraité, tiré vers le bas, notamment, par le secteur énergétique et la réaction négative des investisseurs à une potentielle acquisition d’envergure pour Alimentation Couche-Tard.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a clôturé à 17 934,74 points, en recul de 51,06 points.

Le secteur des biens de consommation de base a été le plus faible, cédant 2,8 %. L’action d’Alimentation Couche-Tard a notamment plongé de 10,2 % après que le détaillant a annoncé avoir offert 25 milliards pour la chaîne de supermarchés française Carrefour.

Le groupe des matériaux a retraité de 1,6 %, tandis que celui de l’énergie a cédé 1,3 %. Le secteur de la santé a dégagé le meilleur gain, progressant de 5,4 %.

La deuxième mise en accusation du président américain Donald Trump dans une procédure de destitution a eu peu d’impact sur le sentiment du marché, qui a grimpé dans l’anticipation des nouvelles mesures de relance budgétaire qui seront dévoilées, jeudi, par le président désigné Joe Biden, avec la poursuite de la campagne de vaccination contre la COVID-19.

« Il s’agit d’appels encourageants pour une reprise rapide plus tard cette année et un retour rapide à la normale, et cela devrait contrer en grande partie certains des risques à court terme », a observé Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille pour Fiera Capital.

Depuis le débit de janvier, le marché enregistre des gains impressionnants, notamment avec la prise de contrôle du Sénat aux mains des démocrates et la probabilité de nouvelles mesures de relance budgétaire.

Le programme budgétaire devrait coûter des milliers de milliards de dollars. Son adoption est susceptible de passer au Congrès, la nouvelle vice-présidente Kamala Harris étant en mesure de briser une égalité au Sénat et les démocrates détenant une faible majorité à la Chambre des représentants.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié à 78,68 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a rendu 30 cents US, à 52,91 $ US, tandis que celui de l’or a pris 10,70 $ US, à 1854,90 $ US l’once. La livre de cuivre a terminé à environ 3,62 $ US, en baisse de 2,6 cents US.

« Les gens ont plus peur de rater une hausse que de subir une baisse » en ce moment à la Bourse, a résumé Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

« Dès qu’un titre baisse un peu, il est racheté le lendemain », a-t-il ajouté.

Les marchés continuent d’attendre des évènements positifs comme « l’important plan d’aide que va proposer Joe Biden ou un plus large déploiement des vaccins », a ajouté l’analyste, estimant que le marché ne se sentait « pas concerné » par la procédure de destitution.

« Le marché ne bouge plus sur ces données politiques. La page Trump est tournée, quelles que soient les péripéties qui restent », a assuré M. Volokhine.

Au rang des indicateurs, les prix à la consommation ont grimpé de 0,4 % en décembre aux États-Unis, une inflation tirée par la hausse des prix de l’essence à la pompe, selon l’indice CPI publié par le département du Travail.

La Banque centrale a également diffusé son Livre Beige, dernière enquête de conjoncture avant sa prochaine réunion monétaire les 26 et 27 janvier.

L’activité s’est modérément améliorée pour les entreprises américaines dans les dernières semaines de 2020 et un tiers des régions montrent un recul ou une stagnation de l’activité.

Wall Street se préparait par ailleurs au coup d’envoi de la saison des résultats, plusieurs grandes banques américaines (JPMorgan Chase, Citigroup, Wells Fargo) devant faire part de leurs bilans trimestriels en fin de semaine.

Parmi les valeurs du jour, Intel a grimpé de 6,97 %. Le PDG du fabricant de semi-conducteurs, Bob Swan, va quitter ses fonctions le 15 février, une annonce qui intervient deux semaines seulement après l’arrivée au capital de l’actionnaire activiste Dan Loeb, qui réclame une scission du groupe.

Le fabricant de vélos d’appartements interactifs Peloton a bondi de 7,29 % à 167,42 dollars après une bonne note d’un analyste.

La société de prêts en ligne Affirm, qui faisait son entrée en bourse, a vu son titre s’enflammer passant de 49 dollars à l’introduction à 97,24 dollars à la clôture (+98 %).

Le titre du vendeur de jeux vidéo GameStop, qui a vu l’arrivée d’actionnaires activistes à son conseil d’administration, a grimpé de 57,39 %.