(New York) Washington n’envisage plus d’interdire aux Américains d’investir dans les géants technologiques chinois Alibaba, Baidu et Tencent, selon des informations publiées mercredi par le Wall Street Journal.

Agence France-Presse

Le gouvernement fédéral américain étudiait la possibilité d’ajouter ces groupes à une liste noire du Département de la Défense comprenant des entreprises ayant des liens supposés avec l’armée, les services de renseignement ou l’appareil sécuritaire de la Chine.

Les investisseurs américains ont jusqu’à novembre pour céder leurs parts dans toute société qui figure sur cette liste, constituée d’une vingtaine de noms, dont plusieurs groupes chinois de télécoms.

Alibaba et Baidu sont cotés au NASDAQ, à New York, tandis que l’action de Tencent s’échange à la Bourse de Hong Kong.

Alibaba possède aussi une cotation secondaire à Hong Kong.

Selon le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, des discussions animées ont eu lieu ces derniers jours entre le Département du Trésor d’un côté et le Département de la Défense et le Pentagone de l’autre.

Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, s’opposait à toute interdiction des trois mastodontes chinois, craignant les conséquences néfastes pour les investisseurs américains.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, était lui partisan d’une ligne plus dure face à ces groupes.

C’est finalement M. Mnuchin qui a eu gain de cause.

Le Wall Street Journal précise toutefois que neuf autres entreprises chinoises seront ajoutées à la liste noire ainsi qu’une centaine de filiales de groupes faisant déjà partie de la liste.  

À l’approche de la fin officielle de son mandat de président des États-Unis et alors qu’il fait face à une deuxième procédure de destitution, Donald Trump reste belliqueux à l’égard de Pékin.

Le milliardaire républicain a ainsi signé la semaine dernière un décret visant à interdire, au nom de la « sécurité nationale », toute transaction avec huit services de paiement et applications chinois, dont Alipay, qui appartient à Ant Group dirigé par le fondateur d’Alibaba, Jack Ma, et WeChat Pay, une filiale de Tencent.