(New York) Le pétrole a poursuivi sa chute mercredi matin, le baril américain de WTI tombant à un niveau plus vu depuis janvier 2019 dans un marché qui continue de s’inquiéter de la propagation du nouveau coronavirus.

Agence France-Presse

Le baril de référence aux États-Unis, le WTI, pour livraison en avril a baissé de 2,3 %, ou 1,17 dollar, pour terminer à 48,73 dollars.

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à la même échéance a reculé de 1,52 dollar, ou 2,8 %, pour clôturer à 53,43 dollars.

Depuis jeudi dernier, le WTI a perdu 9,4 % et le Brent 9,9 %.

« Les craintes d’une pandémie mondiale de COVID-19 se multiplient suite aux dernières informations en provenance d’Europe et des États-Unis et affectent également les marchés financiers : la confiance des investisseurs en souffre fortement », a expliqué Eugen Weinberg, analyste pour Commerzbank.

L’épidémie apparue en décembre dans le centre de la Chine a déjà atteint un pic dans ce pays, où elle a contaminé quelque 78 000 personnes dont plus de 2700 sont mortes, ont indiqué mercredi les autorités chinoises.   

Mais elle touche de plus en plus de pays et l’épidémie a débarqué en Amérique latine, jusqu’ici épargnée, en y entrant par le Brésil, tout en continuant à se propager en Europe et en Asie, attisant l’anxiété dans le monde entier.

Les cours du brut ont accéléré leur chute en fin de séance mercredi « après des informations de presse évoquant des tests effectués sur plus de 80 personnes dans le comté de Nassau », près de New York, a souligné Robert Yawger de Mizuho. « Si des cas se confirment, cela augmenterait drastiquement le nombre de personnes concernées aux États-Unis », a-t-il ajouté.  

Le président américain, Donald Trump, devait s’exprimer sur cette crise lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche dans la soirée, à 18 h, en présence de responsables des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

« La peur d’une pandémie est clairement la principale préoccupation des marchés financiers actuellement », a renchéri Daniel Ghali, de TD Securities. « Le marché de l’énergie est particulièrement vulnérable, car il pâtit directement des mesures prises pour limiter la propagation, avec notamment les restrictions sur les voyages ».  

Les cours se sont bien un peu redressés en cours de séance après la publication du rapport hebdomadaire de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) montrant une hausse bien plus faible que prévu des stocks de brut aux États-Unis et une diminution significative des réserves d’essence et de produits distillés dans le pays.  

Mais ce répit a été temporaire et les cours sont rapidement repartis à la baisse.  

Dans ce contexte, les acteurs du marché sont à l’affût de tout signe sur les intentions des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de leurs alliés, dont la Russie, qui se réunissent la semaine prochaine à Vienne, en Autriche, pour se mettre d’accord sur une stratégie visant à soutenir les cours.