(New York) La Bourse de New York a terminé dans le rouge mardi, fragilisée à son retour de week-end prolongé par les craintes liées à la propagation d’un virus asiatique, par l’abaissement des prévisions de croissance du FMI ainsi que par les nouveaux déboires de Boeing.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones, a reculé de 0,5 % à 29 196,04 points.  

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a lâché 0,2 % à 9370,81 points tandis que l’indice élargi S&P 500 a cédé 0,3 % pour terminer à 3320,79 points.

Les acteurs du marché, qui avaient fait grimper les indices à des niveaux inédits la semaine dernière, ont été rattrapés par plusieurs préoccupations mardi matin, à leur retour d’un week-end prolongé par un jour férié aux États-Unis lundi.  

La propagation d’un nouveau virus mystérieux causant des pneumonies et originaire de Chine a notamment ravivé le souvenir des répercussions économiques de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui avait durement frappé la Chine en 2003.

Les indices de Wall Street ont d’ailleurs piqué du nez quand les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé en cours de séance qu’un homme d’une trentaine d’années, atteint du nouveau coronavirus chinois, avait été hospitalisé à Everett, près de Seattle, confirmant ainsi le premier cas aux États-Unis.

« Si ça devient vraiment une épidémie de grande ampleur, cela pourrait peser sur l’activité économique, surtout en Asie », remarque Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.  

Les entreprises liées au tourisme ont été particulièrement affectées, comme les compagnies aériennes Delta (-2,72 %), American Airlines (-4,23 %) ou United Continental (-4,36 %).

Les opérateurs d’hôtels et casinos Las Vegas Sands Corp (-5,40 %), Wynn Resorts (-6,14 %) et MGM (-6,22 %) ont aussi été touchés.

D’autres signaux négatifs sur l’économie mondiale ont aussi ébranlé les marchés mardi, dont l’abaissement par Moody’s de la note de la dette de Hong Kong. L’agence de notation reproche notamment au gouvernement de la plateforme financière internationale sa gestion des mois de manifestations.

Le Fonds monétaire international a par ailleurs réduit lundi ses prévisions de croissance économique mondiale pour 2020, tablant désormais sur 3,3 % cette année contre 3,4 % auparavant.

Selon l’institution internationale, la signature de l’accord commercial sino-américain et le Brexit ont apporté une bouffée d’oxygène à l’économie mondiale, dont la croissance devrait rebondir cette année après s’être affichée à 2,9 % en 2019. Mais la reprise devrait être « poussive » et restera fragilisée par la persistance de risques géopolitiques.

Nouveau report du 737 MAX

La baisse de 3,33 % de l’action de Boeing a aussi pesé sur le Dow Jones, dont il est un membre important.  

L’avionneur a annoncé que son 737 MAX ne revolerait pas avant mi-2020, soit avec plusieurs mois de retard sur ses propres prévisions et les prévisions les plus optimistes des experts.  

Parmi les autres valeurs du jour, Uber a bondi de 7,03 %. Le géant des réservations de véhicules avec chauffeurs (VTC), qui multiplie les efforts pour parvenir à la rentabilité, a annoncé la cession de son activité de livraisons de repas en Inde, Uber Eats, à un de ses concurrents dans le pays, Zomato.

En pleine saison des résultats, le groupe de services pétroliers américain Halliburton a annoncé être tombé dans le rouge en 2019, à cause d’une lourde charge de 2,2 milliards de dollars liée à l’activité de forage et à des indemnités de licenciement. Mais en excluant les éléments exceptionnels, le groupe présente un bénéfice par action de 0,34 dollar, supérieur aux attentes des analystes. L’action a reculé de 0,79 %.

Après la clôture, c’était au tour de Netflix de dévoiler ses chiffres trimestriels, les premiers depuis l’arrivée sur le marché de la diffusion en continu des nouveaux concurrents Disney+ et Apple TV+. L’action de Netflix, qui a fait part de résultats supérieurs aux attentes, mais révisé à la baisse ses prévisions, grappillait 0,11 % dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait, évoluant à 1,772 % vers 16 h 40 contre 1,822 % vendredi à la clôture.

Toronto aussi en baisse

Les craintes entourant une éventuelle épidémie du virus asiatique ont également contaminé les échanges à la Bourse de Toronto qui a clôturé en baisse mardi pour la première fois en sept séances. L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a cédé 25,11 points pour terminer la journée avec 17 572,28 points.

Cinq des onze secteurs du TSX ont reculé mardi, notamment ceux de la santé et de l’énergie, qui ont lâché 2,3 % et 1,4 % respectivement. Ces reculs ont été limités par les gains d’autres groupes, notamment ceux des secteurs des technologies de l’information et des services aux collectivités, qui ont tous deux pris près de 1 %.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 76,53 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 76,61 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a cédé 20 cents US à 58,38 $US le baril, tandis que celui de l’or a baissé de 2,40 $US à 1557,90 $US l’once. Le prix du cuivre a quant à lui plongé de 5,2 cents US à 2,79 $US la livre.