(New York) Les prix du pétrole ont lourdement chuté mercredi, lestés par la hausse plus importante que prévu des réserves commerciales de brut aux États-Unis et les doutes des investisseurs sur la demande à venir d’or noir.

Agence France-Presse

Le baril américain de WTI coté à New York pour livraison en décembre a lâché 5,51 % ou 2,18 dollars, à 37,39 dollars.  

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison le même mois a perdu quant à lui 5,05 % ou 2,08 dollars, à 39,12 dollars.

Les deux contrats de référence sont tombés à leur plus bas depuis début octobre.

Selon les chiffres hebdomadaires de l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) publiés mercredi, les stocks commerciaux de brut aux États-Unis se sont établis à 492,4 millions de barils (MB) au 23 octobre, en hausse de 4,3 MB.

Les analystes s’attendaient à une augmentation moindre de 1,5 MB de brut.

Cette forte augmentation est surtout à mettre sur le compte d’un rebond de la production après le passage de plusieurs ouragans dans le Golfe du Mexique.

Par ailleurs, au niveau mondial, « l’offre de pétrole brut de Libye augmente plus rapidement et à des niveaux plus élevés que prévu », ont prévenu les analystes de JBC.

La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a en effet annoncé en début de semaine la levée de l’état de force majeure sur le dernier champ pétrolier bloqué, déclarant ainsi toutes les installations pétrolières opérationnelles.

Du côté de la demande, l’intensification de la pandémie de coronavirus et les incertitudes politiques font craindre aux acteurs du marché une consommation au ralenti dans les prochains mois.

« Avec la Covid qui repart de plus belle à travers le monde, la campagne présidentielle américaine qui s’intensifie et l’absence d’un plan de relance aux États-Unis dans un futur proche, les marchés s’inquiètent que la demande ne redémarre pas aussi vite que prévu », résume Bart Melek de TD Securities.

« Les nouvelles mesures de confinement en Europe ravivent les inquiétudes au sujet de la demande au moment même où l’on se demande si l’OPEP va repousser ou non le retour prévu en début d’année prochaine sur le marché de 2 millions de barils par jour », ajoute M. Melek.