Chaque dimanche, nous braquons les projecteurs sur des éléments de l’actualité financière et boursière qui peuvent être utiles à l’investisseur, mais qui pourraient être passés sous le radar

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

Des informations intéressantes se cachent parfois dans les petits caractères de la documentation boursière. Par exemple dans le prospectus du rachat d’actions proposé dernièrement par la firme torontoise GMP Capital.

Si le nombre d’actions déposées dans le cadre de l’offre de rachat dépasse le seuil des 16,5 millions, les actionnaires vendeurs ne verront qu’une certaine proportion de leurs titres rachetés. Or, les lots déposés par les actionnaires détenant 99 actions ou moins seront achetés en premier et au complet.

Le titre de GMP Capital vaut actuellement 1,92 $. Dans l’offre qui expire le 18 novembre, la direction propose de racheter les actions au prix de 2,42 $.

Un petit investisseur pourrait théoriquement acheter 99 actions d’ici là, puis demander à son courtier de déposer ce petit bloc dans le cadre de l’offre de rachat, nous confirment un spécialiste des marchés et un gestionnaire de portefeuille joints par La Presse. Effectuée dans un compte enregistré (CELI, REER, etc.), c’est une opération qui, au prix actuel du titre, pourrait générer un profit d’une quarantaine de dollars.

Bien entendu, il y a un risque, comme avec n’importe quelle transaction boursière. « Le danger est que GMP annule ou modifie l’offre d’ici le 18 novembre », explique Voicu Valentir, président du holding privé Groupe Cavaliro et ex-mainteneur de marché.

Le gestionnaire de portefeuille contacté par La Presse ne peut pas être nommé en raison de la politique de sa firme.

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« L’endettement massif des gouvernements ne peut qu’entraîner une hausse des impôts et une compression correspondante des marges bénéficiaires. Les investisseurs devraient donc baisser leurs attentes sur les rendements futurs de tous les actifs, qu’il s’agisse de revenus fixes, actions, placements privés, infrastructures, matières premières ou immobilier », explique le gestionnaire de portefeuille Stéphane Préfontaine, de Préfontaine Capital, dans sa lettre trimestrielle publiée la semaine dernière.

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Pierre Beaudoin a acheté pour un demi-million de dollars d’actions de Power Corporation en début de semaine. Membre du conseil d’administration de Power depuis une quinzaine d’années, il a acheté lundi un bloc de 18 600 actions. Il a payé un prix unitaire de 26,77 $.

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La nomination cette semaine d’une Torontoise à la tête de la Banque Laurentienne suscite plusieurs réactions. Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a notamment publié un tweet dans lequel il soutient que ne pas exiger qu’elle s’installe à Montréal affaiblit le siège social et la métropole.

L’analyste Gabriel Dechaine, de la Banque Nationale, voit de son côté d’un bon œil la nomination. Un nouveau visage était nécessaire pour relancer la banque après « plusieurs années de sous-performance », souligne-t-il. Il faut s’attendre, selon lui, à ce qu’elle annonce une émission d’actions qui donnerait un meilleur coussin financier à la banque et possiblement aussi à la vente de certains actifs, comme Northpoint, la filiale américaine spécialisée dans le financements d’inventaire.

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Dans le contexte actuel et compte tenu de l’évaluation du marché boursier, la prudence est de mise, selon le gestionnaire d’actifs montréalais Claret. « Il nous semble opportun d’adopter une position plus défensive, c’est-à-dire de prévoir une position en liquidités plus élevée que la normale », lit-on dans la lettre trimestrielle de Claret publiée cette semaine.

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Le bitcoin poursuit sa remontée. Sa valeur a dépassé les 13 000 $ US vendredi pour toucher un nouveau sommet cette année. La nouvelle la semaine dernière voulant que PayPal introduise l’option d’achat et de vente dès l’an prochain contribue à la hausse de la monnaie numérique.

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Il est bon de se questionner sur sa répartition d’actifs. Le gestionnaire de portefeuille Martin Lalonde, de la firme Rivemont, alimentera peut-être votre réflexion. Il précise sa façon de faire ce mois-ci dans sa lettre financière. « Notre objectif demeure toujours d’investir selon une stratégie concentrée d’environ 25 titres, avec un haut pourcentage dans nos meilleures idées. Idéalement, nous souhaitons détenir plus de 40 % des actifs dans nos cinq meilleures idées, et plus de 75 % dans nos 15 meilleures. »

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Les titres québécois de Tecsys, Colabor, TFI (ex-TransForce) et Dorel ont touché cette semaine un autre sommet de la dernière année en Bourse.