(Londres) Les cours du pétrole reculaient encore davantage mercredi après la publication de l’état des stocks commerciaux aux États-Unis par l’EIA montrant une augmentation de ceux d’essence, alors que la pandémie de COVID-19 continue de progresser et que la production repart en Libye.

Agence France-Presse

Vers 11 h 35, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 41,92 dollars à Londres, en baisse de 2,87 % par rapport à la clôture de mardi.

À New York, le baril américain de WTI pour le même mois, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, perdait 3,26 % à 40,34 dollars.

Déjà en baisse en cours de séance européenne, les deux cours de référence ont accentué leurs pertes après la publication par l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) d’une baisse des réserves commerciales de pétrole brut dans le pays mais une hausse de ceux d’essence pour la semaine achevée au 16 octobre.

« Le rapport mitigé de l’EIA a nui au marché pétrolier. Le bond des stocks d’essence a pris les négociants au dépourvu », a réagi David Madden, analyste de CMC Markets.

Les réserves d’essence ont augmenté de 1,9 million de barils (MB) alors que les analystes anticipaient une baisse de 1,5 MB, un mauvais signal pour des investisseurs qui cherchent à évaluer le niveau de reprise de la demande.

Avant la publication de ces données hebdomadaires, « la hausse des cas de coronavirus et l’augmentation de la production libyenne, qui se poursuit à un rythme soutenu cette semaine » pesait déjà sur les cours, avait estimé plus tôt dans la journée Stephen Brennock, analyste de PVM.

Le continent européen notamment affronte une deuxième vague de COVID-19 qui a contraint plusieurs territoires à reconfiner leur population, à l’image de l’Irlande et du Pays de Galles, quand d’autres imposent des couvre-feux, comme la Lombardie et la Campanie en Italie.

Ces mesures, dévastatrices pour la demande en pétrole, surviennent alors que l’offre tend à augmenter avec le retour sur le marché de la production libyenne, pour un volume « qui serait déjà supérieur à 500 000 barils par jour », avaient noté les analystes de JBC.  

À cause d’un conflit militaire interne, la production de pétrole brut dans le pays était passée de plus d’un million de barils par jour en fin d’année dernière à moins de 100 000 depuis début 2020.