(New York, Toronto) La Bourse de New York a fini en hausse jeudi malgré l’opposition de la cheffe des Démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, à des mesures de relance ciblées pour le secteur aérien en l’absence d’un plan de relance global.

Agence France-Presse, La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, est monté de 0,43 % à 28 425,51 points, son niveau le plus haut depuis début septembre.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a grimpé de 106,24 points pour terminer la séance à 16 534,54 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 75,64 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 75,33 cents US de la veille.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a gagné 0,50 % à 11 420,98 points et l’indice élargi S&P 500 s’est apprécié de 0,80 % à 3446,83 points.  

Mme Pelosi a opposé une fin de non-recevoir à la proposition de Donald Trump de voter un plan d’aide autonome pour les compagnies aériennes, la responsable démocrate souhaitant que de telles mesures s’inscrivent dans le cadre d’une loi plus globale.

Après avoir décidé mardi de suspendre jusqu’à l’élection présidentielle du 3 novembre les négociations avec les démocrates sur ce nouveau paquet d’aides budgétaires, le président américain Donald Trump a fait volte-face en se disant favorable à des aides sectorielles.

L’une d’entre elles consisterait à soutenir le secteur aérien pour éviter les dizaines de milliers de licenciements annoncés par les compagnies, confrontées à une chute de leur activité depuis le début de la pandémie.

Les grandes entreprises du secteur n’ont pas souffert jeudi de la position de la responsable démocrate, l’ayant sans doute déjà anticipée : American Airlines a progressé de 0,65 %, Delta Air Lines de 1,65 % et United Airlines de 1,70 %.

Pour JJ Kinahan, responsable de la stratégie marchés chez TD Ameritrade, le marché espère toujours qu’un vaste plan de relance sera négocié, à moins d’un mois du scrutin présidentiel.

« Après la semaine prochaine, cela va être beaucoup plus difficile, car on sera très proches de l’élection », prévient néanmoins l’expert.

Jeudi matin, avant les déclarations de Mme Pelosi, Donald Trump avait affirmé voir de « fortes chances » de trouver un accord avec les démocrates, nécessaire pour une validation au Congrès.

Mais pour d’autres analystes, la bonne santé de la Bourse new-yorkaise jeudi est à mettre au crédit d’autres facteurs.

Patrick O’Hare de Briefing.com estime ainsi que la hausse de Wall Street s’explique davantage par « la perspective que le résultat de l’élection (présidentielle, NDLR) ne sera pas contesté et que les efforts pour développer un vaccin et un traitement contre le Covid vont continuer d’avancer dans la bonne direction. »

Parmi les valeurs du jour, le titre de Regeneron est monté de 1,38 %. Mercredi, soir, le laboratoire américain a fait une demande d’autorisation en urgence pour un traitement aux anticorps de synthèse contre la COVID-19 que Donald Trump a reçu la semaine dernière après avoir été contaminé.

L’action d’IBM a gagné 5,98 %. Le géant de l’informatique va scinder ses activités de gestion d’infrastructures en une société cotée pour se concentrer pour sa part sur le « cloud » ou l’informatique dématérialisée, a annoncé le groupe dans un communiqué jeudi.

L’action d’Eaton Vance s’est envolée de plus de 48 %. La banque d’affaires américaine Morgan Stanley (-0,60 %) a annoncé jeudi qu’elle allait racheter pour 7 milliards de dollars ce gestionnaire d’actifs, une transaction destinée à renforcer ses activités de gestion de fortune et d’investissement.

Au rang des indicateurs de jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont légèrement reculé la semaine passée aux États-Unis, une baisse modeste qui suggère que le marché du travail continue à éprouver des difficultés à se remettre du choc provoqué par la pandémie, selon les chiffres publiés par le département du Travail.