(Pékin) Le géant chinois de l’internet Sina, qui possède notamment en Chine une populaire plateforme équivalente à Twitter, a annoncé son intention de se retirer du NASDAQ, sur fond de tensions sino-américaines.

Agence France-Presse

Cette annonce intervient au moment où les entreprises chinoises cotées aux États-Unis font l’objet d’une surveillance accrue, dans un contexte de rivalité commerciale et technologique avec Pékin.

Longtemps habituées à se tourner vers les États-Unis pour lever des fonds, les firmes chinoises sont par ailleurs fortement incitées par Pékin à choisir plutôt les places boursières nationales, comme Hong Kong ou Shanghai.  

Le groupe Sina, qui a fait ses débuts au NASDAQ en 2000, a annoncé lundi dans un communiqué vouloir quitter l’an prochain la place technologique américaine.  

Sina, propriétaire en Chine du populaire réseau social Weibo, n’a donné aucune explication à cette démarche.

New Wave MMXV, société détenue par le directeur général de Sina, Charles Chao, rachètera toutes les parts du groupe à 43,30 dollars pièce, indique le communiqué.

L’opération, estimée à 2,59 milliards de dollars, devrait être conclue au cours du premier trimestre 2021.

En 2019, plus de 150 entreprises de l’empire du Milieu étaient cotées aux États-Unis, où elles pesaient 1200 milliards de dollars, selon les chiffres d’une commission du Congrès.

Mais dans un contexte de tensions grandissantes avec Washington, de nombreuses firmes chinoises s’interrogent sur leur avenir sur les places boursières aux États-Unis.

Le principal fabricant chinois de puces, SMIC, s’est ainsi retiré en juin de la Bourse de New York.  

Les géants chinois du commerce en ligne Alibaba et JD.com ont pour leur part opté pour une seconde cotation à la Bourse de Hong Kong.

À l’inverse, le constructeur chinois de véhicules électriques XPeng a fait des débuts remarqués à Wall Street. Le concurrent affiché de Tesla en Chine a levé en août 1,5 milliard de dollars à l’occasion de son introduction en Bourse.