(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mercredi après des déclarations de la Banque centrale américaine (Fed) promettant des taux bas pour longtemps, mais prévenant d’un « long chemin » avant de retrouver le plein emploi.

Agence France-Presse et La Presse Canadienne

À la clôture mercredi, le Dow Jones Industrial Average a terminé en modeste hausse de 0,13 % à 28 032,38 points tandis que le NASDAQ a perdu ce qu’il avait gagné la veille, s’inscrivant en baisse de 1,25 % à 11 050,47 points.

Le NASDAQ, qui regroupe les valeurs technologiques et qui avait subi de fortes pertes la semaine dernière, est resté dans le rouge, lesté par Amazon (-2,47 %), Apple (-2,95 %) et Tesla (-1,78 %).

L’indice élargi S&P 500 a terminé légèrement dans le rouge, perdant 0,46 % à 3385,49 points.

La Bourse de Toronto a clôturé en baisse, même si le cours du pétrole brut a remonté au-dessus de la barre des 40 $ US le baril.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a cédé 135,61 points pour terminer la séance avec 16 295,66 points.

Le secteur de l’énergie a été l’étoile de la journée, progressant de 3,2 % grâce aux titres des producteurs Vermilion Energy, en hausse de 11,1 %, et Crescent Point Energy, en hausse de 7,2 %, en plus de ceux de Whitecap Resources et Cenovus Energy, qui ont tous deux avancé de 6,3 %.

Ces gains sont intervenus alors que les prix du brut ont grimpé de 4,9 %, les réserves américaines étant tombées à leur plus bas niveau depuis avril tandis que les stocks d’essence ont diminué deux fois plus que prévu.

Le contrat à terme sur le baril de pétrole brut pour livraison en octobre a augmenté de 1,88 $ US à 40,16 $ US à la Bourse des matières premières de New York.

« Les réserves sont en baisse, ce qui semble indiquer que la fin de la saison des déplacements en voiture n’a pas été aussi mauvaise que les gens le pensaient », a observé Michael Currie, vice-président et conseiller en placement chez Gestion de patrimoine TD.

En outre, l’ouragan Sally qui frappe la côte du golfe du Mexique entraîne la mise hors ligne de la production pendant un certain temps.

Mais la montée en flèche du pétrole n’a pas suffi à faire grimper l’indice de référence du TSX.

Huit des onze secteurs du marché torontois ont reculé mercredi.

Celui des technologies de l’information a enregistré la plus forte baisse, perdant près de 2,4 %, car toutes les entreprises du secteur sauf une étaient en baisse, tirées vers le bas par le recul de 4,9 % de l’action de Shopify.

Le groupe de la consommation discrétionnaire et celui de la finance ont également chuté.

Le secteur des matériaux a légèrement retraité malgré la hausse des prix de l’or, la Réserve fédérale américaine s’étant engagée à « laisser l’inflation grimper un peu », a expliqué M. Currie.

Le cours de l’or a augmenté de 4,30 $ US à 1970,50 $ US l’once et celui du cuivre a baissé de moins de 1 cent US à 3,06 $ US la livre.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 75,94 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 75,90 cents US de la veille.

Diagnostic de la Fed bien accueilli

Pour Quincy Krosby de Prudential, le diagnostic de la Fed a globalement été interprété de façon positive par le marché, notamment du côté des petites et moyennes entreprises.

Le président de la Réserve fédérale Jerome Powell a affirmé qu’une nouvelle aide financière aux ménages et entreprises américains serait « probablement nécessaire » pour permettre à l’économie de se relever de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19.

L’indice Russell 2000, qui regroupe les petites capitalisations, est en effet resté solidement dans le vert, gagnant 0,92 %.

« Les estimations d’évolution des taux les montrent maintenus au moins jusqu’en 2023 » à leur niveau actuel entre 0 % et 0,25 %, a souligné pour sa part Kathy Bostjancic, d’Oxford Economics.

« Cela soutient notre prévision que la Fed va conserver les taux proches de zéro jusqu’à mi-2024, peut-être plus longtemps », affirme cette économiste.

Entrée réussie pour Snowflake

Des annonces de résultats meilleures que prévu de la part du transporteur FedEx (+5,76 % à 250,30 dollars) ont donné de l’élan au titre : son bénéfice a bondi entre juin et août grâce à l’engouement des consommateurs pour les commandes en ligne pendant la pandémie.

Le conglomérat américain General Electric a grimpé de 10,66 % à 6,75 dollars à l’annonce d’une prévision de trésorerie positive pour la seconde partie de l’année.

L’action Kodak s’est envolée, gagnant 36,6 % en fin de séance à 8,51 dollars, après un rapport exonérant le groupe de délit d’initié en rapport avec un prêt gouvernemental reçu pour produire des composants de médicaments génériques.

Facebook a perdu 3,27 % à 263,52 dollars après des informations de presse indiquant que le géant des réseaux sociaux pourrait faire l’objet de poursuites antitrust de la part de la Commission de la concurrence américaine (FTC).

« En saison d’introductions en Bourse, il arrive que les investisseurs vendent de leurs actifs pour participer à une IPO » (Initial Public Offering), a avancé Mme Krosby.

C’est peut-être ce qu’il s’est passé pour Snowflake, la société de stockage de données dans le cloud, entrée en Bourse en trombe mercredi. Snowflake a doublé la mise : alors que son prix d’introduction était fixé à 120 dollars, il a plus que doublé pour terminer à 253,93 dollars.

Il s’agit, avec ce groupe fondé par deux Français en Californie, de la plus grosse entrée en Bourse sur la place new-yorkaise depuis le début de l’année.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine progressait à 0,6977 % contre 0,6700 % mardi soir.