(New York et Toronto) Wall Street a fini dans le vert mercredi, portée par la bonne santé des grandes valeurs technologiques et par la décision de la Réserve fédérale de maintenir ses taux directeurs inchangés.  

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, est monté de 0,61 % à 26 539,57 points.   

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a gagné 1,35 % à 10 542,94 points et l’indice élargi S&P 500 est monté de 1,24 % à 3258,44 points.

La Bourse de Toronto a clôturé en hausse de près de 200 points, l’action de Shopify ayant soutenu le secteur des technologies grâce à de solides résultats trimestriels.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné 173,34 points à 16 294,66 points.

« Shopify était manifestement la grosse histoire aujourd’hui, le principal vecteur du TSX », a observé Nela Richardson, stratège principale des investissements chez Edward Jones.

« Et, étant donné de sa concentration dans ce secteur, il a été un important vecteur depuis le début de l’année », a-t-elle ajouté au sujet du secteur des technologies, qui affiche une « hausse considérable » depuis le début de l’année.

La société spécialisée dans les solutions de commerce en ligne, établie à Ottawa, a affiché mercredi un chiffre d’affaires du deuxième trimestre presque deux fois plus élevé que celui de la même période l’an dernier, en plus de profits de 36 millions US.

Le titre de Shopify a pris 29,28 $, soit 7,05 %, à 1401,23 $, après avoir grimpé plus tôt dans la séance jusqu’à 1472,98 $, un bond de plus de 12,5 %.

Il a permis au secteur des technologies de l’information d’enregistrer le meilleur gain du parquet, soit 3,33 %. Il a pris 40,47 % depuis le début de l’année.

Le groupe de l’énergie a aussi connu une bonne séance, avec une hausse de 2,13 %. En tout, neuf des onze secteurs du TSX ont avancé.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 74,85 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 74,78 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a pris 23 cents US à 41,27 $ US le baril, tandis que celui de l’or a gagné 8,80 $ US à 1953,40 $ US l’once. Le prix du cuivre est resté essentiellement inchangé, près de 2,92 $ US la livre.

Les entreprises technologiques finissent en hausse

La plupart des grands noms du secteur technologique ont fini en hausse mercredi alors même que les patrons d’Alphabet (la maison mère de Google), Apple, Facebook et Amazon étaient auditionnés par des parlementaires américains.

La commission judiciaire de la Chambre des représentants interrogeait les quatre dirigeants dans le cadre de son enquête sur d’éventuels abus de position dominante.

Sur le front monétaire, la Réserve fédérale a, sans surprise, décidé de laisser ses taux directeurs inchangés, dans une fourchette de 0 % à 0,25 %.

La politique accommodante de la puissante institution, qui entend maintenir les taux tant que l’économie américaine n’aura pas pleinement récupéré du choc provoqué par la crise sanitaire, a été bien accueillie des marchés.

« L’engagement de la Fed à soutenir l’économie y est pour beaucoup », note Chris Low de FHN Financial.

Depuis mars, elle a multiplié les actions pour permettre à l’économie américaine de continuer à fonctionner malgré la paralysie en mars et les tentatives de reprise depuis mai.

Elle a annoncé mardi qu’elle allait prolonger jusqu’au 31 décembre plusieurs programmes de prêts mis en place pour aider les entreprises et collectivités à faire face à la crise, et qui devaient initialement prendre fin « aux alentours du 30 septembre ».

Kodak flashe

L’avalanche de résultats trimestriels s’est par ailleurs poursuivie à Wall Street.

L’avionneur Boeing (-2,83 %), frappé de plein fouet par l’impact de la pandémie sur le transport aérien et l’interdiction de vol de son 737 MAX, a subi une lourde perte au deuxième trimestre et prévoit de ralentir encore davantage les cadences de production et de licencier encore plus de personnel.

Le groupe a aussi annoncé officiellement qu’il allait arrêter en 2022 la production de son mythique appareil 747, le « Jumbo jet ».

Le conglomérat américain General Electric (-4,35 %) a également fait part d’une importante perte nette entre avril et juin en raison de la baisse de ses activités dans les secteurs de l’aviation et de l’énergie à cause de la pandémie.

Parmi les autres valeurs, le groupe agroalimentaire Mondelez International, propriétaire des marques de biscuits Lu et Oreo, est monté de 1,94 %, porté par la hausse de ses ventes en Amérique du Nord au deuxième trimestre à la faveur du confinement.

Amgen a baissé de 2,51 %. La biotech américaine a toutefois dépassé les attentes trimestrielles, restant relativement immunisée face aux effets de la COVID-19 grâce à de nouveaux médicaments comme le traitement contre le psoriasis Otezla.

Le titre d’Eastman Kodak a lui poursuivi sa folle ascension, flambant de près de 320 % et se voyant interrompu à plusieurs reprises en cours de séance en raison de sa forte volatilité. Le président américain Donald Trump a confirmé mardi un accord avec le célèbre groupe spécialisé dans la photographie, qui va désormais produire des ingrédients pour la pharmacie avec l’aide d’un prêt gouvernemental. L’action avait déjà grimpé de plus de 200 % à la clôture de mardi.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait à 0,5757 % vers 16 h 40 contre 0,5790 % mardi soir.