(Hong Kong) Le cours de l’or a atteint lundi un nouveau niveau record, confirmant son statut de valeur refuge face à la pandémie et aux tensions sino-américaines, et aidé aussi par la dépréciation du dollar.

Danny McCord
Agence France-Presse

L’or a atteint un plus haut absolu de 1944,71 dollars l’once dimanche soir peu après 23 h, et valait 1934,09 dollars vers 4 h 30 lundi.

Il a ainsi largement effacé son précédent record en séance de quelque 1921 dollars l’once, signé en septembre 2011.

Le cours du métal jaune s’est apprécié de plus de 27 % depuis le début de cette année.

Au moment où l’épidémie de coronavirus s’aggrave dans de nombreux pays, les investisseurs plébiscitent cette éternelle valeur refuge en temps de crise.

Les vastes mesures d’assouplissement monétaire décidées par la Réserve fédérale américaine (Fed) ont poussé le dollar à la baisse ces derniers mois, renforçant encore l’attractivité de l’or.

Le marché du métal précieux étant libellé en dollars, une baisse de la devise américaine le rend moins onéreux pour les acheteurs utilisant d’autres devises.

Vers 2000 dollars l’once

Des analystes prédisent que l’or devrait prochainement dépasser les 2000 dollars l’once, alors que la Fed pourrait livrer mercredi de nouvelles mesures exceptionnelles à l’issue de sa réunion de politique monétaire.

Les négociations qui patinent entre la Maison-Blanche et le Congrès sur un nouveau plan de soutien à l’économie américaine, ainsi que la flambée du coronavirus aux États-Unis, qui complique la reprise de l’activité dans le pays, tirent aussi actuellement le dollar à la baisse.

Lundi vers 2 h 45, le dollar est tombé à 105,38 yens, son plus bas niveau depuis mars face à la monnaie japonaise, autre valeur refuge prisée par les investisseurs.

Le billet vert était aussi au plus bas face à l’euro depuis près de deux ans, un euro s’échangeant au-dessus de 1,1700 dollar.

Des gains élevés de l’or « sont inévitables au moment où nous entrons dans une période semblable à l’environnement apparu après la crise financière mondiale (de 2008-2009, NDLR), où les prix de l’or avaient atteint des niveaux record du fait des quantités d’argent injectées par la Fed dans le système financier », a déclaré Gavin Wendt, analyste chez MineLife.

« L’or est clairement le bénéficiaire de la demande de valeurs refuges », alors que les rendements d’autres placements « piquent du nez », comme ceux des obligations souveraines sous l’effet des interventions massives des banques centrales, a aussi commenté Stephen Innes d’AxiCorp dans une note publiée lundi.

Aux incertitudes déjà lourdes sur la reprise de l’économie mondiale au second semestre se greffent les craintes d’une nouvelle escalade des tensions entre les deux premières puissances économiques mondiales, qui pèsent sur les marchés d’actions.

Après que les États-Unis ont demandé la fermeture du consulat de Chine à Houston (sud des États-Unis), considéré par Washington comme une « plaque tournante de l’espionnage et du vol de propriété intellectuelle », Pékin a répliqué en ordonnant la fermeture de la mission diplomatique américaine à Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine.

La Chine a annoncé lundi avoir « pris possession » du consulat américain de Chengdu.

Les actions de groupes miniers chinois comme Zijin Mining Group et Shandong Gold Mining s’envolaient en Bourse lundi, dans la foulée de la flambée du cours de l’or.