(New York) Les prix du pétrole ont terminé en baisse jeudi devant l’évolution de la pandémie de COVID-19, qui menace la reprise de la demande en énergie, et les perspectives d’une offre plus importante.

Agence France-Presse

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a reculé de 94 cents, ou 2,17 %, pour finir à 42,35 dollars.

À New York, le baril de WTI américain pour le mois d’août a perdu 1,28 dollar ou 3,1 % pour finir à 39,62 dollars.

Les investisseurs sont prudents face à la perspective « d’une demande toujours faible et d’une offre plus élevée », a résumé Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.

L’explosion de nouveaux cas de COVID-19, dans le sud et l’ouest des États-Unis notamment, menace la reprise économique du premier consommateur d’or noir. Plusieurs États ont d’ailleurs dû suspendre leur processus de déconfinement, voire revenir en arrière en ordonnant la fermeture des bars et restaurants.

« Les acteurs du marché se demandent quand on va voir le bout du tunnel, quand la tendance va changer », remarque Louise Dickson de Rystad Energy. « Comme les États-Unis, le Brésil et d’autres pays continuent d’être laminés par la COVID-19, la demande est vraiment en jeu », ajoute-t-elle.

Du côté de l’offre, « l’excédent est encore énorme sur le marché mondial du pétrole », ont souligné Carsten Fritsch et Barbara Lambrecht, analystes de Commerzbank.

Les observateurs et acteurs de marché regardent notamment vers la Libye, où les exportations de brut avaient quasiment disparu depuis janvier et pourraient revenir sur le marché.

La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a en effet annoncé mercredi être prête à suspendre la situation de « force majeure » sur son terminal pétrolier d’Es Sider, « bloqué depuis six mois », rappelle Tamas Varga, de PVM.  

« Toute augmentation de la production et des exportations pétrolières libyennes est un casse-tête supplémentaire pour l’OPEP+ », a-t-il ajouté.

Victime de la guerre civile, la production libyenne avait chuté en début d’année de plus d’un million de barils par jour — moyenne de l’an dernier — à moins de 100 000, selon les données de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont la Libye fait partie.

Si elle revenait sur le marché, une telle quantité pourrait menacer le fragile équilibre entre offre et demande que le cartel et ses alliés, connus sous le nom d’OPEP+, essayent de maintenir à grand renfort de coupes dans leur production.

D’autant plus que ces dernières doivent passer de 9,6 millions de barils par jour (mbj) en juillet à 7,7 mbj en août, jusqu’à décembre.