(New York) Les prix du pétrole ont stagné mardi, les investisseurs se plaçant en retrait en attendant les chiffres hebdomadaires sur les stocks de pétrole aux États-Unis tout en surveillant l’évolution de la pandémie et les actions des membres de l’OPEP+.

Agence France-Presse

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a perdu 2 cents pour finir à 43,08 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois d’août a lâché 1 cent pour clôturer à 40,62 dollars.

« Les prix ne montrent pas de direction définitive avant les chiffres hebdomadaires sur les stocks » de pétrole aux États-Unis attendus mercredi, constate Robbie Fraser de Schneider Electric.

Les réserves de brut, qui avaient fortement gonflé depuis le début de la pandémie et la chute de consommation en énergie qui en a découlé, ont commencé à redescendre. Mais celles de produits raffinés restent à des niveaux très élevés et « il faudrait qu’on écoule les surplus si on veut que les prix se maintiennent aux niveaux actuels », remarque le spécialiste.

Les acteurs du marché s’interrogent notamment sur la vigueur de la demande à l’occasion du week-end du 4 juillet, qui marque habituellement le début de la principale période des grands déplacements en voiture aux États-Unis.

Les prix du brut sont sous l’influence « de forces opposées », note de son côté Jeffrey Hally, de Oanda.  

« D’un côté, la reprise économique en Asie et en Europe montre des signes favorables mais, de l’autre, on observe une augmentation rapide du rythme de la COVID-19 aux États-Unis », a expliqué l’analyste dans une note.

Les États-Unis ont dépassé la barre des 130 000 morts du nouveau coronavirus et ont encore enregistré lundi un bilan journalier des nouvelles infections inquiétant, à près de 55 000 cas supplémentaires, selon les données de l’université Johns Hopkins, qui fait référence.

De plus, le marché se prépare à l’allègement progressif des coupes drastiques mises en place par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et dix alliés, dont la Russie, qui doivent passer de 9,6 millions de barils par jour (mbj) en juillet à 7,7 mbj en août, jusqu’à décembre.

Les analystes de RBC ont souligné par ailleurs que la décision de justice américaine rendue lundi au sujet de la fermeture du Dakota Access Pipeline, un oléoduc dont le tracé est contesté depuis des années par des tribus amérindiennes et des associations de protection de l’environnement, ajoutait de « l’incertitude » au marché pétrolier américain.

Dans une décision de 24 pages, le juge de Washington James E. Boasberg a estimé que le pipeline long de 1900 kilomètres était loin de respecter les normes environnementales, notamment concernant les risques de fuite de pétrole.