(New York et Toronto) La Bourse de New York s’est repliée mardi, enregistrant sa première baisse du mois de juillet, dans un marché qui avait jusqu’à présent ignoré la flambée des cas de contamination au coronavirus aux États-Unis et dans plusieurs autres pays.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average a baissé de 1,51 % à 25 890,53 points.

Le NASDAQ, indice à forte coloration technologique qui restait sur cinq hausses consécutives, a cédé 0,86 % à 10 343,89 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a perdu 1,08 % à 3145,32 points.

La Bourse de Toronto a clôturé en baisse, les investisseurs s’étant inquiétés de la hausse des cas d’infection à la COVID-19. Le secteur des matériaux a pourtant bondi avec le cours de l’or, qui a atteint un sommet de près de neuf ans.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a rendu 74,17 points pour terminer la séance avec 15 595,50 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 73,62 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 73,84 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a perdu 1 cent US à 40,62 $ US le baril, pendant que celui de l’or a grimpé de 16,40 $ US à 1809,90 $ US l’once. Le prix du cuivre a pris 2,25 cents US pour terminer la journée près de 2,80 $ US la livre.

« Cinq jours de hausse sur le NASDAQ, ça attire l’attention de beaucoup d’investisseurs sur des cas extrêmes de valorisation », observe Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.  

« On peut comprendre pourquoi des entreprises comme Tesla ou Square ont atteint ces niveaux de valorisation, mais ça rend le marché plus sensible à des petites prises de profit », ajoute l’expert.

Le regain de tensions politiques entre les États-Unis et la Chine était également de nature à contrarier le sentiment des investisseurs, estime M. Volokhine.

Plusieurs géants américains, dont Facebook, Google et Twitter, ont annoncé lundi soir qu’ils ne répondaient plus aux demandes d’informations sur leurs utilisateurs émanant du gouvernement et des autorités de Hong Kong en vertu d’une nouvelle loi imposée par le régime chinois.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a par ailleurs déclaré sur la chaîne Fow News, que les États-Unis « envisageaient » de leur côté d’interdire les applications chinoises.

Concernant la pandémie de COVID-19, la situation restait critique aux États-Unis, où plus de 130 000 personnes sont mortes de la maladie.

Le pays a par ailleurs confirmé mardi avoir officiellement notifié l’ONU de son retrait de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), accusée par Washington d’avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus pour ménager Pékin.

En Australie, Melbourne entamait un nouveau confinement d’au moins six semaines, tandis qu’au Brésil, le président Jair Bolsonaro a été déclaré positif.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans de la dette américaine reculait, s’établissant à 0,6365 % vers 16 h 40 contre 0,6759 % lundi soir.

Walmart face à Amazon

Au rang des valeurs, Novavax a bondi de près de 32 %. Le gouvernement de Donald Trump a accordé mardi 1,6 milliard de dollars à la biotech américaine pour son projet de vaccin contre la COVID-19, garantissant aux États-Unis la priorité des 100 millions de premières doses en cas d’efficacité prouvée.

Dans le cadre de l’opération « Warp Speed » (« au-delà de la vitesse de la lumière »), Washington a également accordé 450 millions de dollars à la société Regeneron, dont le titre est monté de 2,17 %. La société développe un traitement expérimental (REGN-COV2) contre la COVID-19, non prouvé, mais en cours d’essai à la fois sur des malades du coronavirus et sur des gens non infectés, mais récemment exposés au virus.

Le titre de Walmart a grimpé de 6,78 % après un article du site Recode affirmant que le géant de la grande distribution américaine s’apprêtait à lancer en juillet son service d’abonnement premium, nommé Walmart+.

Avec ce nouveau forfait, qui proposera notamment des livraisons de produits le même jour, des remises sur l’essence achetée dans les stations essence Walmart ou des promotions exclusives, le groupe devrait entrer en concurrence avec le très populaire service Prime d’Amazon (-1,86 %), lancé dès 2005.

Walmart n’a pas confirmé le lancement de ce service.

Les compagnies aériennes American Airlines (-6,95 %), Delta Airlines (-5,03 %) et United Airlines (-7,55 %), dépendantes d’un redémarrage rapide de l’économie, ont nettement baissé.

Les croisiéristes Norwegian Cruise Line (-5,33 %) et Royal Caribbean (-4,92 %) ont également fini dans le rouge.