(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mercredi dans un marché tiraillé entre des signes de reprise économique aux États-Unis et les incertitudes sur l’avenir.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Le Dow Jones Industrial Average a reculé de 0,65 % à 26 119,13 points. L’indice vedette de Wall Street avait enchaîné trois séances de hausse.

Le NASDAQ, soutenu par plusieurs grandes valeurs technologiques, a en revanche gagné 0,15 % à 9910,53 points.

L’indice élargi S&P 500 a, pour sa part, perdu 0,36 % à 3113,49 points.  

La Bourse de Toronto a clôturé en baisse, la chute du cours du pétrole brut ayant faire reculer son secteur de l’énergie.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a cédé 87,14 points pour terminer la journée à 15 428,69 points.

Le secteur de l’énergie du TSX a été le plus grand perdant mercredi, avec un plongeon de 4,2 %. Le cours du pétrole brut a reculé après que le gouvernement américain a indiqué que ses réserves hebdomadaires avaient atteint leur plus haut niveau jamais enregistré.

Cela témoigne du fait que les marchés du brut « continuent de jongler avec des niveaux obstinément élevés pour les réserves », a observé Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille chez Fiera Capital.

Le cours du pétrole brut a reculé de 44 cents US à 38,21 $ US le baril mercredi à la Bourse des matières premières de New York.

Les actions de plusieurs producteurs pétroliers canadiens ont reculé, celle de Crescent Point Energy ayant notamment cédé 7,9 %.

Dans l’ensemble, neuf des onze secteurs de la Bourse de Toronto ont retraité. Celui de la santé a notamment reculé avec le titre du producteur de cannabis Hexo, qui a plongé de 12 %.

Les secteurs des matériaux et de l’industrie ont avancé.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 73,77 cents US, en légère hausse par rapport à son cours moyen de 73,76 cents US de la veille.

Le huard avait initialement glissé « avec le déclin des prix du brut, mais les plus faibles chiffres que prévu sur l’inflation ce matin ont aussi influencé le dollar canadien », a expliqué Mme Bangsund.

L’indice des prix à la consommation a reculé de 0,4 % par rapport à il y a un an, a indiqué mercredi Statistique Canada, ce qui en fait le deuxième mois consécutif d’inflation négative après la baisse de 0,2 % enregistrée en avril.

Les économistes s’attendaient en moyenne à ce que l’indice des prix à la consommation reste inchangé par rapport à il y a un an, ce qui se serait traduit par une inflation annuelle nulle.

Ailleurs à la Bourse des matières premières de New York, le cours de l’or a effacé 90 cents US à 1735,60 $ US l’once, tandis que celui du cuivre a gagné 2,5 cents US pour terminer la séance près de 2,59 $ US la livre.

Volatilité

Malgré sa forte progression lors des dernières séances, la place new-yorkaise reste marquée par « un niveau élevé de volatilité, où la moindre information est perçue comme une opportunité d’évoluer rapidement dans un sens ou dans l’autre », décrit JJ Kinahan, responsable de la stratégie marchés chez TD Ameritrade.

Plusieurs observateurs du marché ont ainsi jugé que des propos du célèbre investisseur britannique Jeremy Grantham, sur la chaîne d’information financière CNBC, avait pesé sur les indices new-yorkais en fin de séance.

M. Grantham, qui avait prédit la crise financière de 2008, a estimé que le rebond de la Bourse de New York après son plongeon de mars, et alors même que la pandémie de COVID-19 se poursuit, était une bulle qui risque d’exploser à tout moment.

Parmi les évènements ayant retenu l’attention des acteurs du marché, le président de la Réserve fédérale (Fed) Jerome Powell a achevé sa deuxième journée d’audition devant des élus américains.

Le patron de la Fed a de nouveau assuré que l’institution bancaire ferait tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer au redémarrage de l’économie américaine.

Il est notamment revenu sur la décision de la Fed d’acheter de la dette obligataire d’entreprises, assurant qu’il s’agissait d’un meilleur outil pour injecter de la liquidité sur le marché que le rachat de titres obligataires de fonds indiciels (ETF), qui évoluent de manière passive.

Au rang des indicateurs, les mises en chantier de logements aux États-Unis sont reparties à la hausse en mai (+4,3 %), selon les données du département du Commerce publiées mercredi.

Elles restent toutefois bien en deçà de leur niveau d’avant la crise du coronavirus.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait, s’établissant vers 16 h 20 à 0,7282 % contre 0,7528 % mardi soir.

Hertz suspend une vente d’actions

Au rang des valeurs, Oracle a reculé de 5,62 %. Le groupe spécialisé dans les logiciels à destination des entreprises a fait part d’un chiffre d’affaires trimestriel inférieur aux attentes, indiquant que la pandémie avait conduit certains de ses clients à différer leurs dépenses.

La compagnie aérienne Southwest Airlines a baissé de 0,71 % après avoir annoncé mercredi qu’elle continuerait de laisser les sièges du milieu vides sur ses vols au moins jusqu’au 30 septembre.

L’entreprise a également fait parvenir jeudi un document au gendarme boursier américain, la SEC, prévoyant que ses revenus d’exploitation baisseraient de 70 % à 75 % au mois de juin.

Le croisiériste Norwegian Cruise Line a chuté de 8,40 % après avoir annoncé la suspension de la plupart de ses voyages jusqu’à fin septembre. Ses concurrents Royal Caribbean (-7,15 %) et Carnival (-6,51 %) se sont également repliés.

PepsiCo a grappillé 0,09 %. Sa filiale Quaker Oats a annoncé que la fameuse Aunt Jemima, une femme noire emblématique qui orne les bouteilles de sirop et de mélange pour crêpes de la marque, perpétuait « des stéréotypes raciaux » et allait disparaître d’ici la fin de l’année.

Hertz a progressé de 2,56 %. L’entreprise, qui s’est déclarée en faillite fin mai aux États-Unis et au Canada, a interrompu son projet de vendre des actions pour un total de 500 millions de dollars après une mise en garde du gendarme boursier américain. L’action de Hertz avait été suspendue plusieurs heures avant de redémarrer peu avant la clôture de Wall Street.