(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé sans direction mercredi alors que la banque centrale américaine est restée prudente sur la situation de l’économie des États-Unis et a prévu de laisser les taux d’intérêt près de zéro jusqu’en 2022.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a clôturé pour la première fois au-dessus du seuil symbolique des 10 000 points, prenant 0,67 % à 10 020,35 points.

Le Dow Jones, indice vedette de Wall Street, a cédé 1,04 % à 26 989,99 points, selon des résultats provisoires à la clôture et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises cotées à New York, a reculé de 0,53 % à 3190,14 points.  

La Bourse de Toronto a clôturé en baisse de plus de 100 points, tirée vers le bas par ses secteurs de l’énergie et de la finance.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a cédé 132,41 points pour terminer la journée avec 15 701,33 points.

À Toronto, huit des onze principaux secteurs du TSX étaient en baisse, particulièrement celui de l’énergie. Il a chuté de 4 % malgré la hausse des prix du pétrole brut.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 74,68 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 74,50 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a avancé de 66 cents US à 39,60 $ US le baril, tandis que celui de l’or a rendu 1,20 $ US à 1720,70 $ US l’once. Le prix du cuivre a bondi de 5,75 cents US pour terminer la séance près de 2,66 $ US la livre.

Les investisseurs surveillaient de près mercredi les conclusions d’une réunion de la Fed et « ce qu’il faut en retenir, c’est que les taux d’intérêt vont rester près de zéro pour un certain temps », selon Patrick O’Hare de Briefing.

Cette perspective est de nature à enthousiasmer les courtiers, les bas taux permettant aux entreprises comme aux investisseurs d’emprunter facilement de l’argent.

La Fed et son président Jerome Powell se sont aussi montrés prudents dans leur évaluation de l’économie, soulignant que des millions d’Américains étaient encore sans emploi.

« Il semble très conscient du fait que la reprise ne va peut-être pas être aussi rapide que ne le pense le marché des actions », estime M. O’Hare.

La Fed table à cet égard sur une chute du Produit intérieur brut américain de 6,5 % cette année avant un rebond de 5 % l’an prochain et une croissance de 3,5 % en 2022. L’institution projette par ailleurs un taux de chômage de 9,3 % en 2020 et de 6,5 % en 2021.

« Même si la Fed a dit très clairement qu’elle maintiendrait les taux à un bas niveau pendant longtemps, ce qui est bon pour la liquidité et le prix des actions, on a encore du chemin avant que l’économie ne revienne aux niveaux d’avant la pandémie », souligne l’économiste Joel Naroff.

Interrogé sur la possibilité d’une bulle sur les marchés, M. Powell a par ailleurs assuré que la Fed ne s’intéressait pas au niveau du prix des actifs, mais juste au bon fonctionnement des circuits financiers.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait nettement, à 0,7345 % contre 0,8253 % mardi à la clôture.

Cinémas

Sur le front des valeurs, les géants de la tech étaient encore en bonne forme à l’instar d’Apple (+2,57 %) ou d’Amazon (+1,79 %), soutenant le NASDAQ.

Les valeurs qui dépendent étroitement des cycles économiques, et qui avaient beaucoup grimpé ces derniers jours, se sont de leur côté retrouvées sous pression, à l’instar des compagnies aériennes United Airlines (-11,02 %) ou American Airlines (-8,25 %). Boeing a cédé 6,15 %.

Les banques ont aussi beaucoup reculé, JPMorgan Chase perdant 4,05 %, Citigroup 6,12 % et Bank of America 5,74 %.

La chaîne de cinémas AMC Entertainment, qui a dû fermer ses salles en mars, a grimpé de 5,01 % après avoir annoncé qu’elle comptait les rouvrir en juillet avec un nombre de sièges limités.

Le site de ventes en ligne de voitures d’occasion Vroom a encore pris 4,76 % après avoir déjà plus que doublé son prix la veille, jour de son introduction en Bourse.

La chaîne de cafés à emporter Starbucks a reculé de 4,08 %. Elle a indiqué s’attendre à une baisse de son chiffre d’affaires de 3 à 3,2 milliards de dollars pour le trimestre en cours en raison de la pandémie.