(New York) Les cours du pétrole ont terminé en baisse lundi, les investisseurs digérant l’accord de l’OPEP+ prévoyant une prolongation de la réduction de la production de plusieurs géants du pétrole samedi et l’annonce par Riyad de la fin de ses coupes volontaires supplémentaires.

Agence France-Presse

À Londres le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a reculé de 1,50 dollar, ou 3,5 %, pour finir à 40,80 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour le mois de juillet a lâché 1,36 dollar, ou 3,4 %, pour clôturer à 38,19 dollars. La référence américaine a pourtant franchi en cours de séance asiatique la barre des 40 dollars, une première depuis le 6 mars.

Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés, dont la Russie, se sont accordés samedi pour prolonger en juillet la réduction historique de production à laquelle ils s’astreignent depuis le 1er mai.

Face à la chute brutale de la demande et des prix du brut, les membres du cartel et leurs partenaires s’étaient engagés le 12 avril à une réduction historique de leur production de 9,7 millions de barils par jour (mbj) pour les mois de mai et de juin, qui devait passer à 7,7 mbj à compter du 1er juillet.

Elle sera finalement de 9,6 mbj pour le mois de juillet, la légère différence s’expliquant par la position du Mexique qui refuse de se plier à l’effort du groupe.

« Près de 9 millions de barils par jour ont été retirés du marché, c’est un chiffre très élevé », a souligné le ministre de l’Énergie russe Alexandre Novak, cité par l’agence de presse russe Ria Novosti.  

« Nous suivons attentivement la situation avec le rétablissement de la demande du transport aérien et de l’automobile. La situation qui va se développer en juillet-août en dépendra en grande partie », a-t-il ajouté.

« L’accord de l’OPEP+ en tant que tel était attendu et déjà intégré dans les prix vendredi », a toutefois remarqué Bjornar Tonhaugen, spécialiste du marché pétrolier pour le cabinet Rystad Energy

« Ce que les courtiers n’attendaient pas en revanche est le fait que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït décident d’arrêter en juillet les coupes volontaires supplémentaires qu’ils s’étaient imposées en plus des coupes décidées au sein de l’accord OPEP+ », a-t-il relevé.  

Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, a en effet indiqué lundi lors d’une conférence de presse post-réunion de l’OPEP+ que les coupes volontaires consenties par son pays, aux côtés du Koweït et des Émirats arabes unis, n’étaient « que pour un mois » et allaient donc prendre fin.

Par ailleurs, la Compagnie nationale de pétrole (NOC) a annoncé dimanche la reprise de la production sur l’un des plus importants champs pétroliers de Libye, bloquée depuis janvier par les forces alliées au maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est du pays.

Même si elle a été jugée lundi « bienvenue » par le ministre algérien de l’Énergie Mohamed Arkab, qui assure aussi la présidence tournante de l’OPEP, elle « pourrait poser des problèmes considérables aux dirigeants » du cartel, a jugé Helima Croft, de BNP.