(New York et Toronto) La Bourse de New York a encore terminé dans le vert mardi, la perspective de voir l’économie repartir progressivement l’emportant sur les manifestations aux États-Unis ou le risque de nouvelles tensions sino-américaines.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a gagné 1,05 % à 25 742,65 points et le NASDAQ, à forte coloration technologique, 0,59 % à 9608,38 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, s’est apprécié de 0,82 % à 3080,82 points.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné 158,15 points pour clôturer à 15 394,36 points.

Huit des onze secteurs du parquet torontois ont avancé mardi, en particulier celui de l’énergie, qui a bondi de 4,56 %. Les groupes de la consommation discrétionnaire et de la finance ont aussi enregistré des gains respectifs de 3,16 % et 2,21 %.

À l’autre bout du spectre, le secteur des matériaux a affiché un déclin de 2,61 %.

Sur le marché de devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 73,99 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 73,37 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a grimpé de 1,37 $ US à 36,81 $ US le baril, alors que celui de l’or a rendu 16,30 $ US à 1734,00 $ US l’once. Le prix du cuivre s’est adjugé 2,05 cents US à 2,49 $ US la livre.

« Le marché se focalise principalement sur ce que l’avenir nous réserve », estime Nate Thooft, responsable de l’allocation des actifs pour Manulife Investment Management.

« Et malgré toutes les nouvelles négatives, malgré tous les indicateurs désastreux, les investisseurs pensent que la situation ne peut que s’améliorer », ajoute-t-il. « Le chemin ne sera pas sans accroc, mais on devrait être revenu à une forme de normalité d’ici 12 à 18 mois ».

Dans ce contexte, les investisseurs ont tendance à reléguer au second plan les éventuels risques, « comme celui d’une seconde vague de cas de COVID-19, de tensions accrues entre Washington et Pékin ou de l’incertitude liée aux élections présidentielles ».

Comme dans le même temps la banque centrale américaine et le gouvernement des États-Unis continuent d’apporter un soutien financier massif, « il y a beaucoup d’argent en circulation » prêt à être investi en Bourse, rappelle l’expert.

Déconnexion avec la réalité

Les manifestations contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales, parfois émaillées de pillages et affrontements avec la police, qui se multiplient dans les villes américaines « représentent bien évidemment une tragédie humaine, mais sur ce genre de sujets, Wall Street est bien souvent déconnectée de la réalité du terrain », remarque par ailleurs M. Thooft.

Sauf si ces troubles étaient amenés à persister pendant plusieurs semaines, et à affecter en conséquence la confiance des consommateurs, plusieurs observateurs estiment qu’ils n’ont pas d’influence particulière sur le marché des actions.

Sensibles aux signes d’un redémarrage de l’activité, les investisseurs ont accueilli favorablement des commentaires du gestionnaire de cartes de crédit Visa (+1,03 %) affirmant que si le montant total des paiements effectués avec ses cartes à reculé de 5 % en mai aux États-Unis par rapport à l’année précédente, il a augmenté de 13 % par rapport à avril.

Ses concurrents American Express et MasterCard ont pris respectivement 2,40 % et 0,73 %.

Les valeurs qui profitent a priori le plus d’une réouverture de l’économie pour rebondir ont affiché une santé solide, notamment les compagnies aériennes United Airlines (+1,53 %), Southwest (+2,56 %) ou American Airlines (+0,99 %).

Les croisiéristes ont aussi fini en hausse comme Royal Carribean (+0,65 %) et Carnival (+0,42 %). Tout comme les chaînes de magasins Gap (+7,68 %) ou Best Buy (+3,91 %).

Parmi les autres valeurs du jour, Facebook a grappillé 0,35 % alors que la plateforme est en position délicate depuis que son patron a refusé de sanctionner des propos polémiques du président américain Donald Trump.

Plusieurs salariés de la société ont participé à une grève en ligne lundi tandis que quelques responsables de la société civile se sont dits « déçus et stupéfaits » par les justifications « incompréhensibles » apportées par Mark Zuckerberg lors d’une conférence téléphonique.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine montait, évoluant à 0,6803 % contre 0,6591 % lundi soir.