(New York et Toronto) La Bourse de New York a fini dans le rouge mardi, à l’issue d’une séance en dents de scie, marquée par une salve de résultats d’entreprises en demi-teinte.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a baissé de 0,13 %, à 24 101,55 points.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a reculé plus franchement de 1,40 % à 8607,73 points, lesté par la baisse de plusieurs géants de la tech comme Apple (-1,62 %), Facebook (-2,45 %) ou Netflix (-4,16 %).

L’indice élargi S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a perdu 0,52 % à 2863,39 points.

La Bourse de Toronto a clôturé sur un gain de plus de 150 points, notamment grâce à la contribution de son secteur de l’énergie, qui a avancé malgré une nouvelle baisse du cours du pétrole brut.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a pris 156,18 points pour terminer la séance avec 14 798,29 points, son plus haut niveau en plus de sept semaines.

Huit des onze secteurs du TSX ont avancé, celui de l’énergie en tête avec un gain de 4,5 %. Ceux de la consommation discrétionnaire et de la finance ont suivi, avec des hausses de 2,5 % et 1,38 % respectivement.

Le groupe de la santé a réalisé la plus importante perte du jour, cédant 3,25 %, en raison du recul des actions de plusieurs producteurs de cannabis.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,54 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 71,16 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a perdu 44 cents US à 12,34 $ US le baril, tandis que celui de l’or a retraité de 1,60 $ US à 1722,20 $ US l’once. Le prix du cuivre est resté essentiellement inchangé, près de 2,35 $ US la livre.

La place new-yorkaise avait pourtant démarré la séance dans le vert, les investisseurs espérant une réouverture progressive de l’économie américaine, à l’arrêt en raison de la crise liée au coronavirus.

Mais cet optimisme s’est heurté à « des résultats mitigés, au retrait des prévisions annuelles de plusieurs entreprises ainsi qu’à des nouvelles économiques qui continuent de décevoir », notent les analystes de Charles Schwab.

Le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer a ainsi réaffirmé ses objectifs financiers annuels et exclu toute pénurie de médicaments malgré la pandémie de coronavirus, mais il a vu son bénéfice net reculer sur un an. Son titre a baissé de 1,10 %.

Son concurrent Merck n’a pas non plus anticipé de pénurie, mais a prévenu que les mesures de confinement et de distanciation sociale pour endiguer la propagation de la COVID-19 allaient affecter ses résultats financiers pour 2020. Son action a chuté de 3,33 %.

Quant au groupe PepsiCo (+1,38 %), il a retiré ses prévisions pour 2020, évoquant les incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale.

En revanche, le groupe américain 3M, qui fabrique des masques de protection N95 très recherchés pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus, a vu son bénéfice net trimestriel flamber de 45 %, s’établissant à 1,29 milliard de dollars, grâce notamment à la hausse de la demande pour ses équipements médicaux. Son titre est monté de 2,58 %.

Confiance des consommateurs

Le fabricant américain d’engins de chantier et de construction Caterpillar (+0,23 %), souvent considéré comme un des baromètres de la croissance mondiale, a lui confirmé que la pandémie allait peser sur ses résultats annuels, mais est parvenu à limiter les dégâts entre janvier et mars.

Après la clôture de la Bourse, Alphabet, la maison-mère de Google, a fait part de profits stables, capitalisant notamment sur les recettes publicitaires de sa plateforme vidéo YouTube, dont les compteurs ont explosé à la faveur du « Grand confinement ». Le titre d’Alphabet montait de 2,95 % dans les échanges électroniques d’après la séance.

Près d’un tiers des entreprises du S&P 500 ont fait part de leur bilan de santé trimestriel. Selon le cabinet d’analyste financière Factset, leurs bénéfices devraient chuter en moyenne de près de 16 %.

Plusieurs grands noms de Wall Street doivent se livrer à cet exercice dans la semaine, dont Boeing et Facebook mercredi, Amazon et Apple jeudi et ExxonMobil vendredi.

Au rang des indicateurs, la confiance des consommateurs aux États-Unis s’est nettement dégradée en avril, pour le deuxième mois consécutif, face à la crise liée à la pandémie de COVID-19, selon l’indice du Conference Board publié mardi.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur les bons du Trésor américain a reculé de 0,6129 % contre 0,6605 % lundi soir.