(New York) Les prix pétroliers ont terminé en ordre dispersé lundi dans un marché digérant un accord trouvé la veille entre les principaux exportateurs mondiaux d’or noir pour réduire les extractions.

Agence France-Presse

Le baril américain de WTI pour livraison en mai a reculé de 1,5 %, à 22,41 dollars.

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a en revanche progressé de 0,83 % à 31,74 dollars.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses principaux partenaires, réunis au sein de l’OPEP+, se sont accordés dimanche sur une réduction de leur production de 9,7 millions de barils par jour (mbj) en mai et en juin.

Le président américain Donald Trump a affirmé lundi sur Twitter que « l’OPEP+ envisage une coupe de 20 millions de barils par jour et non de 10 millions, comme il est généralement rapporté. »

« Si on s’approche de cela et que les affaires mondiales reprennent après le désastre de la COVID-19, le secteur de l’énergie rayonnera à nouveau, bien plus rapidement qu’anticipé », a ajouté M. Trump.

Mais les observateurs du marché se montraient sceptiques sur une baisse d’une telle ampleur.

« S’il y a une réduction de 20 millions de barils, ce ne sera pas juste grâce à l’accord » de l’OPEP+, estime ainsi Dan Pickering de Pickering Energy Partners.

« Ce sera grâce à cet accord plus la dure réalité des prix bas », précise-t-il.

Une demande en berne, en pleine pandémie de coronavirus, et une offre surabondante, amplifiée par une guerre des prix entre la Russie et l’Arabie saoudite, ont en effet fait s’effondrer les cours de l’or noir ces dernières semaines, affectant tout particulièrement les producteurs américains de pétrole de schiste.

Beaucoup d’entre eux pourraient se retrouver asphyxiés financièrement au second semestre 2020 et en début d’année prochaine lorsqu’ils devront rembourser des titres d’emprunt à haut rendement, juge M. Pickering.

Les coupes de l’OPEP « ne vont pas tirer d’affaire le secteur énergétique américain », prévient l’expert.

Mais plusieurs observateurs pensent que les extractions des États-Unis, premier producteur mondial, pourraient d’elles-mêmes se tasser face à la chute des cours.

L’autorité de régulation du Texas, qui produit environ 40 % du pétrole américain, doit aborder la question de possibles quotas lors d’une réunion mardi.  

L’un de ses responsables, Ryan Sitton, a indiqué lundi être ouvert à une telle option, mais a concédé avoir de nombreuses réserves, au rang desquelles « l’idée que le gouvernement prenne le contrôle d’entreprises privées. »