(Toronto) Les marchés boursiers nord-américains se sont effondrés de nouveau, lundi, alors que les craintes de récession mondiale gagnaient les investisseurs et que les entreprises multipliaient les efforts pour ralentir la propagation de la COVID-19.

La Presse canadienne

La volatilité du marché est sans précédent, a souligné Michael Currie, vice-président et conseiller en investissement chez Gestion de patrimoine TD.

« Des écarts de 1000 points semblent être en train de devenir la norme », a-t-il observé lors d’une entrevue. « Avec des variations de 500 ou 600 points, plus personne ne cligne des yeux, même si cela était jadis considéré comme énorme. »

Les échanges à la Bourse de Toronto ont été temporairement suspendus pour la troisième fois de la dernière semaine, après que le marché a affiché en début de séance un recul de 11 %, ou plus de 1800 points, ce qui a déclenché le mécanisme automatique d’interruption.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a récupéré une petite partie de ses pertes pour clôturer en baisse de 1355,93 points, soit 9,89 %, à 12 360,40 points.

Sur Wall Street, le Dow Jones a enregistré sa pire séance depuis 1987, avec un plongeon de 12,93 %. Ses pertes se sont accélérées dans la dernière heure de négociations, alors que le président américain Donald Trump recommandait à ses compatriotes d’éviter les grands rassemblements. Il a aussi affirmé qu’il observait une possibilité de récession à l’horizon, et a promis de venir en aide à l’industrie du transport aérien.

La moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a effacé 2997,10 points à 20 188,52 points. L’indice élargi du marché américain S&P 500 a rendu 324,89 points, ou 11,98 %, à 2386,13 points, et l’indice composé du NASDAQ a lâché 970,28 points, ou 12,32 %, à 6904,59 points.

La dégringolade des marchés a eu lieu malgré le fait que la Réserve fédérale des États-Unis a annoncé ce week-end une nouvelle baisse de ses taux d’intérêt, ce qui, normalement, aurait dû soutenir les marchés.

« C’est toujours un marché qui tente d’évaluer l’impact d’une récession à venir, mais qui jongle aussi avec la possibilité de quelque chose de pire », a estimé Frances Donald, économiste mondiale en chef et responsable de la stratégie macroéconomique chez Gestion de placements Manuvie.

Cela pourrait comprendre une faible activité économique sur une période prolongée, qui pourrait ressembler à une crise du crédit si les défaillances commencent à grimper.

Mme Donald a souligné qu’il était impossible de savoir de quoi aurait l’air l’économie dans l’avenir, alors que les marchés tentent de se faire une idée de ce que seront les résultats financiers des entreprises. Or, la suite des choses ne commencera à se préciser que lorsque les cas de COVID-19 commenceront à ralentir, a-t-elle précisé.

Le TSX montre désormais un recul d’environ 31 % par rapport à son sommet record du 20 février. Le S&P 500 est pour sa part en baisse de 30 % par rapport à son plus récent sommet du mois dernier, tandis que le recul du Dow Jones à cet égard est de près de 32 %.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié à 71,61 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 71,94 cents US de vendredi.

Le secteur des matériaux du marché torontois a été le seul à gagner du terrain lundi, dans un désinvestissement qui était autrement généralisé. Ce secteur a pris 2,3 %, le titre d’Alamos Gold ayant gagné 20,8 % et celui de Kinross Gold, 17,3 %, malgré le recul des prix de l’or.

Le cours de l’or a perdu 30,20 $ US à 1486,50 $ US l’once à la Bourse des matières premières de New York, tandis que celui du cuivre a dégringolé de 7,15 cents US à 2,39 $ US la livre. Le prix de l’argent a reculé à son plus faible niveau en une décennie.

Le secteur de l’énergie a été le plus grand perdant, avec un plongeon de plus de 18 %. Le cours du pétrole brut a chuté à son plus bas niveau en quatre ans, cédant 3,03 $ US à 28,70 $ US le baril.