(New York) Les prix du pétrole se sont de nouveau repliés mercredi alors que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont annoncé leur intention d’augmenter drastiquement leur production d’or noir au moment où la demande est fragilisée par la propagation du coronavirus dans le monde.

Agence France-Presse

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a lâché 3,8 %, ou 1,43 dollar, pour clôturer à 35,79 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour avril a perdu 4 %, ou 1,38 dollar, à 32,98 dollars.

Les deux barils de référence s’affichaient pourtant en hausse en début de journée, après avoir déjà vivement rebondi mardi au lendemain de leur pire chute depuis le début de la guerre du Golfe en 1991.  

Mais la tendance s’est inversée quand l’entreprise publique saoudienne Aramco a fait savoir qu’elle allait encore augmenter sa capacité de production de pétrole pour la porter à 13 millions de barils par jour (mbj), soit plus de 3 mbj de plus que sa production actuelle.

Le premier exportateur mondial de brut avait déjà décidé mardi d’augmenter sa production à 12,3 mbj à partir d’avril.

Les Émirats arabes unis se sont par la suite dits prêts à augmenter leur approvisionnement en pétrole de plus d’un million de barils par jour (bpj).  

« Ce n’est probablement pas la meilleure option », a réagi le ministre de l’Énergie russe, Alexandre Novak, cité par les agences russes, ajoutant que les discussions se poursuivaient avec les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de l’OPEP+.

La position de Riyad et d’Abou Dabi, deux alliés importants au sein de l’OPEP, s’inscrit de fait dans le cadre d’un bras de fer avec Moscou.

La semaine dernière, la Russie a refusé de céder à la demande de l’Arabie saoudite, chef de file de l’OPEP, de réduire la production de brut afin de compenser la baisse de la demande mondiale en raison de l’épidémie.  

En réaction, la puissance du Golfe a procédé à la plus forte baisse de ses prix en 20 ans, déclenchant des remous sur les marchés financiers. Les cours du brut avaient chuté de 25 % lundi, avant un rebond de 10 % le lendemain.

« Ces augmentations de production, en plus de celles annoncées par la Russie et d’autres membres de l’OPEP, associées à l’anticipation d’une demande stagnante, voire en repli, en 2020 à cause du COVID-19, vont peut-être laisser les cours déprimés pendant un certain temps », a commenté Christin Redmond, de Schneider Electric.

L’OPEP a déjà revu fortement à la baisse sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2020 mercredi, prévoyant désormais une croissance de la demande à 60 000 barils par jour. Le cartel anticipait jusqu’ici une progression de 990 000 barils par jour.

L’annonce en cours de séance par l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) d’une hausse des stocks de brut aux États-Unis pour la septième semaine de suite, et bien supérieure aux attentes, a conforté la tendance baissière des cours.

L’EIA a aussi abaissé d’environ 30 % ses anticipations sur les cours du brut pour l’année en cours : elle anticipe désormais un prix moyen du baril de Brent à 43 dollars en 2020, contre 65 dollars auparavant, et à 38 dollars pour le baril de WTI, contre 59 dollars auparavant.