La très influente Réserve fédérale américaine (Fed) retiendra l’attention des marchés financiers, mercredi, avec son dernier énoncé de 2019 en matière de taux d’intérêt et la mise à jour de son analyse de conjoncture économique pour le début de l’an prochain.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

À quoi s’attend-on parmi les intervenants dans les marchés financiers ?

« Nous anticipons que la Fed maintienne son taux cible inchangé entre 1,5 % et 1,75 %, mettant ainsi officiellement fin aux ajustements baissiers de mi-cycle économique qui ont totalisé 0,75 % cette année », signalent d’emblée les économistes de la Banque TD, dans leur billet hebdomadaire de conjoncture.

Et pour la suite ? « La Fed est susceptible de faire preuve de patience avant ses prochaines décisions de politique monétaire, le temps qu’elle puisse réévaluer ses perspectives économiques, ce qui demeure fondamental pour son Comité directeur », soulignent les économistes de la TD.

De leur côté, les économistes du Mouvement Desjardins notent dans leur billet hebdomadaire que « la Fed a déjà procédé à trois baisses de taux cette année, soit en juillet, en septembre et en octobre ».

Aussi, « les récentes communications des dirigeants de la Fed suggèrent qu’elle est maintenant en mode d’attente et qu’elle voudra voir comment se comportera l’économie avant de faire un nouveau mouvement ».

Entre-temps, soulignent les économistes de Desjardins, « les données économiques récentes signalent que la conjoncture se maintient. Les bonnes nouvelles succèdent aux moins bonnes, mais sans rien changer véritablement ».

Par conséquent, prévoient-ils, « la Fed devrait opter pour le statu quo [de taux d’intérêt cible] à la réunion de mercredi ».

Un bon amortisseur

À la Banque Royale, l’économiste principal, John Nye, constate que « la solide croissance du secteur des ménages aux États-Unis, stimulée par les baisses de taux de la Fed, s’est avérée un bon amortisseur contre les vents contraires dans l’économie internationale ».

Aussi, John Nye dit apercevoir « des indices à l’effet que les investissements des entreprises, qui avaient freiné la croissance au cours des trimestres antérieurs, pourraient avoir atteint un niveau plancher au quatrième trimestre ».

À son avis, « cela suggère que la Fed a terminé son ajustement de politique monétaire [baisse de taux] en mi-cycle économique, à moins d’une soudaine manifestation de facteurs de risque baissiers. Je m’attends donc à une décision de taux inchangé mercredi, et la même chose pour l’année 2020 ».

À la hauteur voulue

À la Banque Nationale, les économistes notent dans leur billet hebdomadaire que « les plus récents messages de la Fed étaient à l’effet que tant la conjoncture économique que le taux d’intérêt cible des fonds fédéraux étaient à la hauteur voulue ».

Aussi, ajoutent-ils, « si l’on se fie aux conclusions du plus récent Livre beige de la Fed, l’économie américaine dans son ensemble a poursuivi une expansion modeste entre octobre et la mi-novembre, une impression renforcée par les plus récents sondages parmi les directeurs des achats des entreprises ».

Par conséquent, selon les économistes de la Nationale, « à moins d’autres événements soudainement défavorables sur le front du commerce international, nous doutons que la projection de croissance du PIB considéré par la Fed pour 2020 soit nettement modifiée. Notre scénario de base [pour mercredi] reste celui d’un maintien du niveau cible des taux de base entre 1,5 % et 1,75 % ».

Jeudi : Transcontinental devra rassurer les investisseurs

Cette entreprise québécoise devenue l’un des plus gros imprimeurs publicitaires et fabricants d’emballages souples en Amérique du Nord livrera jeudi ses résultats de fin d’exercice 2019. Aussi, ses dirigeants tenteront de rassurer les actionnaires inquiets de l’impact potentiel sur les prochains résultats des campagnes de bannissement du Publisac de cahiers publicitaires — un produit clé chez Transcontinental — qui pourraient s’étendre de Montréal vers d’autres villes d’importance au Canada. Parmi les analystes, on anticipe pour le quatrième trimestre un bénéfice net en régression pour le sixième trimestre de suite, de 17 %, autour de 55 millions.

Jeudi : un dernier rapport public de fin d’exercice pour Transat AT ?

Alors qu’il attend la décision de Transports Canada concernant son entente d’acquisition par Air Canada, le voyagiste Transat AT procédera jeudi, sans doute pour la dernière fois, à la publication de résultats de fin d’exercice à l’intention de ses actionnaires en Bourse. Mais à la teneur des résultats du troisième trimestre précédent, qualifiés de « solides et encourageants » par l’analyste Benoit Poirier chez Desjardins Marchés des Capitaux, les perspectives s’annoncent favorables en vue d’une conclusion de transaction avec Air Canada, prévue en mi-année 2020. Pour son quatrième trimestre, terminé le 31 octobre, les analystes anticipent d’ailleurs un fort rebond du bénéfice net, qui pourrait tripler autour de 28 millions, malgré une croissance de revenus d’à peine 1 %, aux environs de 676 millions.