(New York) Les prix du pétrole ont fortement reculé mercredi,  lestés par la hausse des stocks de brut aux États-Unis et les inquiétudes grandissantes autour du ralentissement de l’économie mondiale.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre s’est établi à 59,48 dollars à Londres, en baisse de 3,06 % par rapport à la clôture de mardi.

À New York, le baril américain de WTI pour livraison en septembre a clôturé à 55,23 dollars, soit 3,4 % de moins que la veille.

Selon les chiffres publiés mercredi par l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA), les stocks de brut aux États-Unis ont augmenté de 1,6 million de barils lors de la semaine achevée le 9 août, tandis que les analystes interrogés par l’agence Bloomberg s’attendaient à un recul de 2,5 millions de barils.

Une hausse des stocks implique une offre plus abondante d’or noir, de nature à faire baisser les cours.

Toutefois, les stocks d’essence et de produits distillés (fioul de chauffage et gazole) ont baissé, respectivement de 1,4 million et 1,9 million de barils.

Pour Phil Flynn de Price Futures Group, ce sont plutôt les appréhensions sur le ralentissement de la croissance économique mondiale qui ont tiré les prix vers le bas.

« D’un point de vue de la demande en essence et en produits distillés, les chiffres du rapport sont excellents », a souligné l’expert.  

« Mais dans le même temps, beaucoup d’investisseurs craignent qu’on s’oriente vers une récession », a-t-il ajouté, plusieurs indicateurs signalant un possible ralentissement de la croissance mondiale.

Alors que les prix du pétrole avaient bondi mardi après l’annonce du report de droits de douane américains supplémentaires sur des produits chinois, Stephen Brennock, analyste chez PVM Reports, souligne que « l’enthousiasme à la hausse s’est dissipé mercredi » après plusieurs coups durs économiques.

La production industrielle chinoise a fortement ralenti le mois dernier, connaissant sa plus faible progression en 17 ans, selon des chiffres publiés mercredi par le Bureau national des statistiques (BNS).

Un ralentissement de l’industrie de la Chine, deuxième économie mondiale, entraîne une baisse de la demande mondiale de pétrole.

De plus, l’Allemagne, première économie européenne, a vu son Produit intérieur brut (PIB) se contracter de 0,1 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent.

Dans la foulée, le taux d’intérêt sur la dette américaine à dix ans est passé temporairement mercredi sous celui des bons à deux ans, pour la première fois depuis 2007.

Ce phénomène, connu sous le nom d’« inversion de la courbe des taux », reflète la différence de rendement accordé par l’État américain aux investisseurs misant sur sa dette à court ou à long terme.

Particulièrement redouté des marchés financiers, il est généralement l’indicateur avancé d’une récession, ce qui a pénalisé l’ensemble des marchés financiers.