La Bourse de New York a terminé dans le rouge mardi, marquant une pause à l'approche de la saison des résultats et face à la menace d'un regain de tensions commerciales entre Washington et Bruxelles.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, a cédé 0,72 %, à 26 150,58 points.  

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a perdu 0,56 %, à 7909,28 points.

L'indice S&P 500 a de son côté reculé de 0,61 %, à 2878,20 points, mettant ainsi fin à une série de huit séances consécutives de hausse.

L'indice composé S&P/TSX du parquet torontois a cédé 70,84 points pour terminer la journée à 16 336,45 points.

« Le marché avait besoin de reprendre son souffle », a estimé Sam Stovall, de CFRA. D'autant plus, selon lui, que les investisseurs attendent surtout de savoir ce que va dévoiler la saison des résultats qui commence vraiment vendredi avec les chiffres des banques JPMorgan Chase et Wells Fargo.

Nouveau front commercial

« Les anticipations de bénéfices continuent de descendre », a souligné M. Stovall. « Au dernier pointage ce matin, les analystes s'attendaient en moyenne à un recul des bénéfices de 2,9 % pour le premier trimestre et à une augmentation de seulement 0,5 % au deuxième trimestre », a-t-il noté.  

« Cela devient un peu une source d'inquiétudes, car l'accumulation de deux trimestres consécutifs de recul des bénéfices s'assimilerait à une récession des bénéfices. Or, historiquement, une récession des bénéfices précède, les trois quarts du temps, une récession de l'économie », a indiqué le spécialiste.  

Le marché a aussi « probablement réagi négativement au fait que le président américain semble vouloir se concentrer sur le déclenchement d'une guerre commerciale avec l'Union européenne », a estimé M. Stovall.  

Donald Trump a, de fait, haussé le ton mardi en menaçant l'Union européenne de nouveaux tarifs douaniers sur l'équivalent de 11 milliards de dollars de biens si elle ne mettait pas fin aux subventions à Airbus.

« On était plutôt satisfait de constater qu'on s'approchait enfin peut-être d'une résolution de la bataille commerciale avec la Chine, on se retrouve maintenant avec une bataille de même type avec l'Europe », a constaté le spécialiste.  

Le marché digérait aussi les derniers rapports du Fonds monétaire international (FMI), qui a encore révisé en baisse sa prévision de croissance mondiale, à 3,3 % pour 2019.

L'institution estime également que l'expansion de l'économie américaine devrait marquer le pas à 2,3 % en 2019, contre 2,9 % l'année dernière.

Sur le marché obligataire, le taux d'intérêt à 10 ans sur la dette américaine reculait vers 16 h 15 à 2,500 %, contre 2,522 % lundi à la clôture.

Sur le front des valeurs, Boeing a reculé de 1,46 %. Touché de plein fouet par les déboires de son avion-vedette 737 MAX après deux accidents mortels en quelques mois, le constructeur aéronautique a vu ses livraisons chuter au premier trimestre de 19 % sur un an.

La compagnie aérienne American Airlines a, de son côté, reculé de 1,68 % après avoir abaissé mardi ses perspectives de croissance pour le premier trimestre en raison du blocage au sol de 24 Boeing 737 MAX 8 de sa flotte, ainsi que du « shutdown » et d'ennuis techniques.

Bank of America a cédé 0,96 %. La banque a annoncé vouloir augmenter le salaire horaire minimum de ses employés à 20 dollars d'ici 2021.

Le géant des casinos Wynn Resorts a reculé de 3,86 % après avoir renoncé à racheter le groupe australien Crown Resorts suite à la divulgation « prématurée » de négociations autour d'une offre de reprise de plusieurs milliards de dollars.