Devenus plus soucieux d'un ralentissement de l'économie, les marchés financiers porteront une attention particulière cette semaine à la mise à jour des données mensuelles sur l'emploi.

MARTIN VALLIÈRES LA PRESSE

Ces mesures attendues vendredi aux États-Unis et au Canada seront d'autant plus suivies qu'elles surviendront après quelques mois de forte volatilité de la création d'emplois.

Aux États-Unis, les marchés chercheront à valider ou à corriger la forte baisse de la création d'emplois - sous les 25 000 - observée en février, après quelques mois particulièrement forts.

« Après la création de 311 000 emplois au tout début de l'année, il était assez normal d'observer un certain ressac. La faiblesse de février semblait tout de même sévère. Il faudra néanmoins bien surveiller la situation au cours des prochains mois », ont noté les économistes de Desjardins après la publication des données américaines, il y a un mois.

« Au cours du présent cycle de croissance économique, c'est seulement le quatrième mois où il s'est créé moins de 25 000 emplois. Néanmoins, la moyenne des trois derniers mois s'élève à 186 500, ce qui est plutôt bon. » - Les économistes de Desjardins

Du point de vue des économistes de la Banque TD, le retour à une « force persistante » de l'emploi en mars aux États-Unis pourrait être déterminant pour l'évolution des dépenses des consommateurs américains.

« Ces dépenses ont joué un rôle pivot dans la force de l'économie américaine en 2018, avant la faiblesse momentanée observée en décembre lors de la correction boursière et la fermeture partielle du gouvernement américain. Elles le seront encore au cours des prochains trimestres. »

Canada

Au Canada, c'est dans le contexte plus favorable d'une création d'emplois plus forte que prévu en février que seront attendues les données de mars.

« Les données de février ont prolongé la séquence de six mois consécutifs d'augmentation de l'emploi », a noté Krishen Rangasamy, économiste principal à la Banque Nationale, il y a un mois.

« En dehors des gains impressionnants du chiffre d'ensemble, le fait que la création d'emplois était surtout due au secteur privé et aux emplois à temps plein est aussi très encourageant. L'inflation des salaires rebondit, ce qui est également positif. »

Par ailleurs, si elle s'est poursuivie en mars, la tendance favorable de création d'emplois au Canada pourrait limiter le ralentissement pressenti des dépenses de consommation en biens durables : maison, meubles, automobiles.

« Les effets des hausses passées de taux d'intérêt continueront à se faire sentir dans les trimestres à venir. En revanche, la création d'emplois demeure vigoureuse, si bien que le revenu disponible [après impôts et cotisations] des ménages poursuivra son ascension », estiment les économistes de Desjardins dans une note publiée il y a quelques jours.

« Cela devrait permettre aux dépenses de consommation de continuer à croître au cours des prochains trimestres, même à rythme modéré », prévoient-ils. « Puisque la consommation des ménages représente près de 60 % de l'ensemble de l'économie canadienne, sa progression modeste aura des répercussions importantes sur la croissance. »

L'activité manufacturière s'est redressée en mars

L'activité manufacturière en Chine s'est redressée en mars après quatre mois de recul, selon un indice officiel rendu public hier, mais les exportations continuent de chuter sur fond de contentieux commercial avec Washington. L'indice des directeurs d'achats s'est établi à son plus bas niveau en trois ans. Cette progression a vraisemblablement été le fruit de facteurs saisonniers, les usines ayant intensifié leur production après les congés du Nouvel An chinois, début février. Certaines aciéries et centrales au charbon ont également augmenté leur activité en raison de la levée des restrictions décidées pour lutter contre la pollution de l'air hivernale. La production des usines a également progressé à son rythme le plus fort en six ans en mars, selon le Bureau national des statistiques. Les commandes à l'exportation ont quant à elles diminué pour le 10e mois consécutif. - Agence France-Presse