(Londres) Les cours du pétrole montaient encore vendredi en cours d’échanges européens alors que le président américain Donald Trump a affirmé avoir annulé au dernier moment des frappes contre l’Iran.

Agence France-Presse

Vers 10h, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 65,10 dollars à Londres, en hausse de un dollar par rapport à la clôture de jeudi.

À New York, le baril de WTI pour le contrat d’août gagnait 27 cents à 57,34 dollars.

Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi ne pas être « pressé » de répondre militairement à l’Iran, expliquant avoir annulé au dernier moment des frappes prévues jeudi soir car elles auraient fait de nombreuses victimes.

Jeudi, l’Iran a abattu un drone américain ayant, selon Téhéran, violé son espace aérien. Les États-Unis affirment eux qu’il a été abattu dans l’espace aérien international.

Ce contexte tendu fait grimper les prix du pétrole, les investisseurs craignant que l’Iran ne bloque le détroit d’Ormuz au large de ses côtes.

Jeudi soir, l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) a souligné que dans le monde des échanges de pétrole, Ormuz reste « le plus important lieu de passage ».

« En 2018, le flux pétrolier était en moyenne de 21 millions de barils par jour, soit l’équivalent de 21 % de la consommation mondiale de produits pétroliers », a ajouté l’EIA.

Pour Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix, les prix grimpent vendredi car « les investisseurs ne peuvent pas se permettre d’être pris par surprise pendant le week-end par une escalade de la situation en Iran ».

À plus long terme, les analystes de ING estiment « qu’entre les tensions qui montent au Moyen-Orient et la perspective d’un renouvellement de l’accord de l’OPEP, les prix du pétrole devraient grimper au deuxième semestre ».

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses partenaires, dont la Russie, doivent se réunir début juillet à Vienne pour décider de renouveler ou non leur accord de limitation de la production après la fin du premier semestre 2019.

Le ministre saoudien de l’Énergie Khaled al-Faleh s’est montré serein sur la perspective d’un renouvellement, désormais largement anticipé par le marché.

« Nous sommes confiants que l’OPEP ne va pas faire la même erreur que l’année dernière, quand ils avaient ouvert les vannes entre mai et novembre, ce qui avait inondé le marché et provoqué la chute des prix au quatrième trimestre », a jugé Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB.