Wall Street a terminé en légère hausse vendredi après l'annonce d'une croissance bien plus forte que prévu au premier trimestre aux États-Unis et une nouvelle salve de résultats d'entreprises contrastée, faisant grimper le Nasdaq et le S&P 500 à des niveaux inédits.

AFP-PC

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s'est apprécié de 0,34% pour clôturer à 8146,40 points. Sur la semaine il a pris 1,9%.

L'indice élargi S&P 500 a progressé de 0,47% pour finir à 2939,88 points, engrangeant 1,2% sur la semaine.

Le Dow Jones, l'indice vedette de la Bourse de New York, a, lui, gagné 0,3% pour clôturer à 26 543,33 points. Il a toutefois cédé 0,06% sur la semaine.

Dans le rouge en début de séance, les indices ont gagné du terrain au fur et à mesure de la journée.

«On se posait la question de savoir ce qui faisait monter le marché depuis le début de l'année, on a compris cette semaine», a remarqué Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services.

Les chiffres sur la croissance dévoilés vendredi ont montré que le Produit intérieur brut avait bondi de 3,2% au premier trimestre, soit bien plus que prévu par les analystes. Ils ont aussi fait état d'une hausse mesurée des prix à la consommation hors alimentation et énergie (+1,3%).

En pleine saison de résultats, certaines des entreprises cotées à Wall Street ont bien déçu, comme le fabricant de microprocesseurs Intel (-9%) ou le vendeur de post-it et de scotch 3M jeudi, freinant au passage l'avancée du Dow Jones.

Mais elles ont dans leur ensemble fait part d'une légère croissance de leurs profits, là où les analystes anticipaient une contraction.

Entre croissance de l'économie, hausse des profits et une inflation modérée n'incitant pas la Banque centrale américaine (Fed) à relever tout de suite ses taux, «c'est une situation presque idyllique pour le marché», a estimé Gregori Volokhine. «La question maintenant est de savoir ce que le marché peut attendre de mieux», a-t-il ajouté.

Les investisseurs surveilleront particulièrement à cet égard la conférence de presse qui clôturera le 1er mai la prochaine réunion du Comité de politique monétaire de la Fed. «Tous les signaux de croissance peuvent peut-être conduire à un léger durcissement du discours», a avancé le spécialiste.

La Banque centrale avait créé la surprise en mars en renonçant a priori à relever ses taux cette année, une décision alors vivement saluée par les marchés.

Parmi les résultats du jour, le géant du commerce en ligne Amazon s'est apprécié de 2,54% après avoir doublé son bénéfice net, à 3,6 milliards de dollars, au premier trimestre.

Du côté des majors pétrolières, ExxonMobil a reculé de 2,1% après avoir vu son bénéfice net divisé par près de deux au premier trimestre tandis que Chevron (-0,7%) a imputé ses résultats mitigés à des prix du pétrole en baisse par rapport à l'an dernier.

Le constructeur de voitures Ford a bondi de son côté de 10,7% après l'annonce de résultats trimestriels meilleurs que prévu, marqués par un retour aux bénéfices en Europe. Le groupe a aussi indiqué faire l'objet d'une enquête pénale du ministère américain de la Justice (DoJ) sur les émissions polluantes réelles de ses voitures.

Ford repasse à l'occasion devant Tesla (-5%) en termes de capitalisation boursière (41,53 milliards US contre 40,8 milliards US).

Le constructeur de véhicules électriques a échoué une deuxième fois à régler à temps son différend avec l'autorité américaine des marchés financiers concernant les accusations d'outrage contre son patron, Elon Musk. Les deux parties ont demandé un nouveau délai de quelques jours à la justice.

La Bourse de Toronto a clôturé en hausse,  les gains du secteur des matériaux ayant largement contrebalancé le recul du groupe de l'énergie.

L'indice composé S&P/TSX du parquet torontois a progressé de 37,36 points pour terminer la séance avec 16 613,46 points.

Le secteur des matériaux a affiché le meilleur gain vendredi, soit 1,95%, suivi par le groupe de la santé, qui a progressé de 1,2%.

À l'opposé, le secteur de l'énergie a reculé de 1,5% pour cent. Le cours du pétrole brut a cédé 1,91 $ US, soit près de trois pour cent, à la Bourse des matières premières de New York, où il a terminé la séance à 63,30 $ US le baril.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s'est négocié au cours moyen de 74,29 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 74,11 cents US de la veille.

Ailleurs à la Bourse des matières premières de New York, le cours de l'or a gagné 9,10 $ US à 1288,80 $ US l'once, tandis que celui du cuivre s'est apprécié de 2,65 cents US à 2,89 $ US la livre.