Wall Street a fini en ordre dispersé mercredi, les valeurs bancaires profitant à plein régime d'une forte tension sur les taux d'intérêt tandis que les craintes liées à la guerre commerciale continuaient à s'estomper.

Mis à jour le 19 sept. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon les résultats définitifs à la clôture, l'indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones Industrial Average, a pris 0,61 % à 26 405,76 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a perdu 0,08 % à 7950,04 points.

L'indice élargi S&P 500 a progressé de 0,13 % à 2907,95 points.

« Si le marché croyait vraiment aux sanctions [NDLR : douanières entre Pékin et Washington], il ne réserverait pas le même traitement aux entreprises directement liées à la Chine, à l'image de Caterpillar », qui a bondi de 2,48 %, a commenté Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

Peu après une nouvelle vague de tarifs douaniers que se sont imposés Washington et Pékin, les marchés accordaient peu d'importance à la guerre commerciale, dans la mesure où les entreprises américaines ont « déjà effectué leurs commandes pour Noël » et seront de ce fait peu touchées à court terme par les sanctions, a souligné M. Volokhine.

Libéré de ces craintes, le marché a pu profiter d'un bond des valeurs bancaires à l'image de JPMorgan Chase (+2,90 %), Goldman Sachs (+2,92 %) et Bank of America (+2,62 %).

Ces sociétés ont été dynamisées par une poursuite de la hausse sur les taux d'intérêt américains, le rendement sur les bons du Trésor à 10 ans montant à 3 074 %, contre 3 055 % mardi à la clôture, et celui à 30 ans à 3 221 %, contre 3 201 % à la précédente fermeture, au plus haut depuis mai.

Emballement pour le cannabis

Entre la baisse des valeurs technologiques et la hausse des valeurs bancaires, la séance « montre un changement de stratégie des investisseurs, qui se tournent vers les entreprises ayant prouvé leur potentiel, et délaissent un peu les entreprises de croissance », a expliqué M. Volokhine.

Le secteur technologique « a été le secteur le plus performant cette année » et, maintenant, « les actions sont assez chères », a rappelé quant à lui Bill Lynch de Hinsdale Associates.

La séance a également été marquée par le bond - jusqu'à +93 % - de l'action du producteur canadien de cannabis Tilray, dont les échanges ont été interrompus cinq fois pour cause de volatilité trop élevée, qui a finalement terminé à +38 %.

Son PDG, Brendan Kennedy, a suscité encore plus l'intérêt des investisseurs en affirmant mardi soir sur la chaîne d'informations financières CNBC que les vendeurs de boissons alcooliques et les laboratoires pharmaceutiques avaient tout intérêt à se protéger de l'emballement pour le cannabis.

« C'est complètement fou, dans la journée on a atteint la capitalisation boursière de Renault, a remarqué M. Volokhine. Ça montre qu'il y a encore de la place pour la spéculation effrénée à Wall Street », a-t-il ajouté.

Cronos et Canopy Growth, deux autres sociétés canadiennes également cotées à Wall Street et liées à cette industrie, ont aussi fortement fluctué en cours de séance, pour respectivement terminer à +9,78 % et -4,89 %.

Parmi les autres valeurs, McDonald's a avancé de 0,89 %. L'Union européenne a jugé légal mercredi le traitement fiscal avantageux accordé par le Luxembourg à l'entreprise, épargnant ainsi le roi du Big Mac, contrairement à d'autres géants américains, comme Apple, condamnés à rembourser des impôts non payés.

Le groupe spécialisé dans les objets connectés Fitbit a avancé de 5,34 % à l'annonce d'un prolongement de son partenariat avec l'assureur Humana (-0,06 %).

Hausse du huard

Le dollar canadien a atteint mercredi son plus haut niveau du mois de septembre, soutenu par la hausse du cours du pétrole brut, qui a pour sa part atteint un sommet de deux mois.

Le cours du pétrole brut a pris 1,18 $ US à 70,77 $ US le baril à la Bourse des matières premières de New York, pour terminer juste en deçà de son sommet du 13 juillet.

Le huard s'est négocié au cours moyen de 77,24 ¢ US, en hausse par rapport à son cours moyen de 76,97 ¢ US de la veille.

Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille chez Fiera Capital, a noté que le huard avait amorcé la journée à la baisse en raison de l'incertitude liée à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), mais qu'il avait pris du mieux après la publication d'un rapport témoignant d'une autre baisse importante dans les réserves de brut.

Selon elle, les prix du pétrole ont augmenté grâce au rapport, qui a indiqué que la demande des raffineries américaines était solide dans un contexte d'accélération de la croissance économique mondiale.

« Nous constatons une réduction des approvisionnements et, bien sûr, en plus de cela, nous avons des incertitudes géopolitiques qui soutiennent les prix », a-t-elle souligné.

Fiera Capital a une cible de 70 $ US pour le baril de pétrole et de 83 ¢ US pour le dollar canadien.

Mme Bangsund a indiqué que la progression vers ces niveaux, dans les mois à venir, dépendra de la manière dont les choses évolueront sur le front commercial. Les perspectives optimistes seraient compromises par une rupture des négociations de l'ALENA ou une guerre commerciale généralisée entre les États-Unis et la Chine.

Mais, son scénario de base ne comprend pas ces éventualités, a-t-elle expliqué.

Le principal indice boursier du Canada a retraité mercredi.

L'indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a clôturé la séance en baisse de 46,12 points, à 16 149,92 points.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours de l'or a gagné 5,40 $ US à 1208,30 $ US l'once, tandis que celui du cuivre a reculé de 0,1 ¢ US à 2,73 $ US la livre.