La Bourse de New York a terminé légèrement dans le vert lundi, occultant le fiasco du G7 pour se concentrer sur une semaine riche en événements politiques et monétaires, à commencer par la rencontre mardi entre Donald Trump et Kim Jong-un.

Mis à jour le 11 juin 2018

Son indice vedette, le Dow Jones, a gagné 0,02% à 25 322,31 points. Le Nasdaq, à forte composante technologique, est monté de 0,2% à 7659,93 points.

L'indice élargi S&P 500 s'est apprécié de 0,1% à 2782,00 points.

«Le marché continue à être porté par les bons chiffres sur l'emploi en mai et la croissance au deuxième trimestre, de bon augure pour la prochaine saison de résultats d'entreprises», a avancé William Lynch de Hinsdale Association.

Au vu de la bonne tenue des indicateurs, les investisseurs semblent pour l'instant reléguer au second plan les éventuels facteurs perturbateurs.

«Les marchés réagissent un peu à tous les éléments potentiellement négatifs, comme les tensions commerciales, la hausse des taux d'intérêt ou les élections italiennes, mais cela ne dure en général pas longtemps, car l'économie se porte par ailleurs plutôt bien», a souligné Art Hogan de Wunderlich Securities.

Ainsi les derniers accrochages de Washington avec d'importants alliés au sommet du G7 ce week-end au Canada, Donald Trump ayant retiré son soutien au communiqué final quelques heures seulement après un compromis forgé de haute lutte, n'ont pas perturbé plus que cela les investisseurs.

Les courtiers de Wall Street «semblent estimer qu'à moins d'une escalade vers une guerre commerciale généralisée, les États-Unis vont peut-être au final retirer des bénéfices de toutes les discussions en cours», a commenté M. Hogan.

Ils se sont habitués au fil des mois aux brusques revirements dans les relations entre Washington et ses principaux partenaires commerciaux, «considérés maintenant comme une technique de négociation», selon le spécialiste.

Les investisseurs se préparaient plutôt lundi à une série d'événements et rapports susceptibles d'animer les marchés, avec notamment le sommet de Singapour entre Donald Trump et Kim Jong un mardi.

«Les attentes (sur cette rencontre) sont modérées, elles ont été atténuées par le président Trump lui-même», a toutefois souligné M. Lynch. «Si aucun accord n'était trouvé, cela nous ramènerait simplement à la situation que nous connaissons depuis plusieurs années.»

Seront aussi surveillées de près au courant de la semaine les réunions des banques centrales américaine et européenne ainsi qu'un déluge d'indicateurs dont les chiffres sur les prix à la consommation et à la production, et sur les ventes au détail.

À Toronto, l'indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a pris 60,60 points pour clôturer la séance avec 16 263,29 points. Le secteur de l'énergie a notamment réalisé un gain de 0,77 pour cent, le plus important du parquet.Dans des messages sur Twitter, M. Trump a insulté le premier ministre canadien Justin Trudeau, qu'il a qualifié de «malhonnête» et de «faible». Il a aussi menacé d'imposer des tarifs de 25 pour cent sur les véhicules automobiles canadiens.

Selon Norman Levine, directeur général de la firme torontoise Portfolio Management, les gains de lundi démontrent que les investisseurs ne prennent pas les attaques de M. Trump trop au sérieux, même si historiquement, le protectionnisme et les guerres commerciales ont été très mauvais pour les marchés boursiers.

«Si tout le monde croyait que cela est sérieux, alors les choses tourneraient au vinaigre. Mais ce n'est pas le cas», a-t-il noté.

Plus tôt dans la séance, certains ont crû que le huard écoperait, mais il a limité ses pertes plus tard dans la séance. Le dollar canadien s'est finalement négocié au cours moyen de 76,96 cents US, en baisse de 0,19 cent US par rapport à son cours moyen de vendredi.

AFP-PC