Le Dow Jones  a battu un record jeudi à Wall Street, au surlendemain de l'élection inattendue de Donald Trump à la présidence, mais la Bourse a enregistré des performances très contrastées comme en témoigne une baisse du Nasdaq.

Mis à jour le 10 nov. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Un recul du prix de l'or a pesé sur la Bourse de Toronto, jeudi, forçant son principal indice à clôturer en territoire négatif pour la première fois depuis le début de la semaine. Mais sur Wall Street, le Dow Jones a touché un nouveau sommet. 

L'indice composé S&P/TSX a cédé 15,66 points pour terminer la journée avec 14 744,25 points, les titres des sociétés minières ayant affiché les principaux reculs.

Sur Wall Street, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a bondi de 218,19 points à 18 807,88 points, touchant du coup un nouveau record.

L'indice élargi S&P 500 est resté essentiellement stable, avec un gain de 4,22 points à 2167,48 points, tandis que l'indice composé du Nasdaq a reculé de 42,27 points à 5208,80 points.

Le dollar canadien s'est déprécié pour une deuxième journée de suite, continuant à souffrir du déclin des prix du pétrole, de la vigueur du billet vert américain et des inquiétudes quant aux intentions du président désigné Donald Trump au sujet des accords de libre-échange.

Le huard a échappé 0,58 cent US à 74,17 cents US.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a perdu 61 cents US à 44,66 $ US le baril, tandis que le prix du lingot d'or a cédé 7,10 $ US à 1266,40 $ US l'once. Le cours du cuivre a pour sa part bondi de 9 cents US à 2,55 $ US la livre, touchant un sommet de 15 mois.

Étonnement

«Tout le monde est étonné que la Bourse soit si en forme depuis deux jours», a résumé Bill Lynch, de Hinsdale Associates. «Je pensais vraiment qu'elle allait baisser face aux incertitudes que représente une présidence de Donald Trump... Mais c'est l'inverse qui s'est produit.»

Alors qu'elle semblait depuis des mois privilégier l'idée d'une victoire de la démocrate Hillary Clinton, présentée comme un garant de stabilité, Wall Street a vite semblé prendre son parti de la victoire de M. Trump, à l'issue du scrutin de mardi.

Parallèlement, le marché obligataire, considéré comme une valeur refuge, s'est effondré et baissait encore jeudi, le rendement des bons du Trésor à 10 ans montant à 2,136% contre 2,070% mercredi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,950%, contre 2,862% précédemment.

«Les investisseurs vendent des obligations pour acheter des actions», a avancé Peter Cardillo, de First Standard Financial, prévenant néanmoins que Wall Street risquait d'arrêter sa hausse dès que le marché de la dette toucherait un plancher.

D'ores et déjà, même si les investisseurs semblent désireux de se concentrer sur les aspects perçus comme favorables du programme de M. Trump, notamment un plan de relance des infrastructures et de vastes baisses d'impôts, certains secteurs pâtissent du résultat de l'élection, en particulier les technologies.

Le Nasdaq, dans le vert à l'ouverture, a même brièvement perdu plus de 2%.

«Les entreprises technologiques ont été les grandes bénéficiaires de la mondialisation», a rappelé Jack Ablin de BMO Private Bank, expliquant que le protectionnisme affiché de M. Trump les toucherait plus particulièrement.

- Avec La Presse canadienne