La maison-mère de la populaire messagerie mobile Snapchat travaille sur un projet d'entrée en Bourse qui pourrait avoir lieu dès la fin mars et valoriser l'entreprise à au moins 25 milliards de dollars, affirme jeudi le Wall Street Journal.

Publié le 6 oct. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Si cela se concrétise, cela représenterait une jolie prime par rapport aux 17,8 milliards de dollars auxquels la société était évaluée lors de sa dernière collecte de fonds en mai, relève le journal, qui cite des sources proches du dossier.

«Nous ne commentons pas les rumeurs ou les spéculations sur nos plans de financement», s'est contenté d'indiquer un porte-parole de l'entreprise à l'AFP.

Snapchat a acquis une grande popularité auprès des adolescents et des jeunes adultes grâce à ses messages qui disparaissent peu après avoir été vus par leurs destinataires, et revendique officiellement «plus de 100 millions» d'utilisateurs.

L'entreprise avait aussi annoncé le mois dernier qu'elle allait lancer des lunettes connectées et équipées d'une caméra miniature («Spectacles»), et avait décidé à cette occasion de se rebaptiser Snap afin de montrer qu'elle ne se limitait plus à un seul produit.

La société peut espérer convaincre les investisseurs grâce à des revenus publicitaires en forte croissance, qui pourraient atteindre l'an prochain près d'un milliard de dollars à l'échelle mondiale selon la société de recherche eMarketer.

Ce serait aussi l'une des introductions technologiques à la Bourse de New York les plus remarquées depuis l'arrivée fin 2014 du poids lourd chinois du commerce en ligne Alibaba, et elle pourrait ouvrir la voie à d'autres startups en vue comme Uber et Airbnb.

Le nombre d'entreprises du secteur à oser se lancer à Wall Street a beaucoup ralenti ces dernières années, sur fond d'inquiétudes croissantes sur une «bulle» des valorisations des startups non cotées. Certaines, comme la société de paiements mobiles Square l'an dernier, n'étaient entrées en Bourse qu'au prix d'une grosse décote.

Le patron-fondateur de Snapchat, Evan Spiegel, a jusqu'ici refusé de vendre son entreprise, rejetant en particulier en 2013 selon les médias un offre de Facebook à 3 milliards de dollars.

Contrairement à Uber, qui n'a pas caché vouloir attendre le plus tard possible pour entrer en Bourse, Evan Spiegel a toutefois dit clairement dans le passé qu'il avait les yeux tournés vers Wall Street.

«Nous devons entrer en Bourse, nous prévoyons de le faire», avait-il notamment affirmé en mai 2015 à la Code conférence en Californie en réponse à une question sur la capacité de son entreprise à entrer en bourse.