Les Bourses européennes et asiatiques ont toutes plongé jeudi, les marchés financiers mondiaux étant toujours minés par l'incertitude qui plane sur l'économie mondiale.

Publié le 11 févr. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les places de Francfort, Madrid, Athènes, Copenhague, Helsinki, Vienne, Amsterdam et Bruxelles plongeaient toutes de près de 3% aux alentours de 6h15 (heure de Montréal). Londres cédait un peu moins de terrain (-2,15%). Milan s'enfonçait plus que les autres et cédait plus de 4,75%. Paris était à -3,24%.

Plus tôt, la Bourse de Hong Kong, qui reprenait ses activités après trois jours de congés, a reculé de près de 4% en clôture, tandis que celle de Tokyo était fermée pour cause de jour férié.

Le rebond vécu mercredi sur les places européennes n'aura été qu'un feu de paille, et les investisseurs semblaient donc décidés à continuer à creuser pour amener les valeurs vers le fond.

Le secteur bancaire, nouvelle cause d'inquiétude qui vient s'ajouter aux interrogations provoquées par la baisse des cours du pétrole ou le ralentissement chinois, se faisait de nouveau battre comme plâtre sur fond de résultats décevants pour les marchés.

La française Société Générale reculait de près de 13%, l'italienne Ubi Banca a été suspendue après s'être effondrée de 11,64%, BMPS chutait de 8,15%, Mediobanca de 7,65%, l'espagnole Santander de 5,60%. En Allemagne, Deutsche Bank, la première banque allemande, qui avait été contrainte de publier un communiqué pour rassurer sur sa solvabilité et qui avait gagné 10,2% mercredi, s'enfonçait de nouveau, de 7,20%.

À Londres, même tendance pour Standard Chartered (-7,81%), Barclays (-5,28%) et Royal Bank of Scotland (-4,85%).

C'est un «tremblement de terre bancaire», jugeaient plusieurs journaux allemands.

Les prix du pétrole, autre sujet de préoccupation pour les marchés financiers, reculaient aussi, tant pour le Brent qui était à 30,34 dollars pour avril, que le WTI pour mars (26,61 dollars).

La patronne de la Réserve fédérale américaine Janet Yellen, qui s'est inquiétée mercredi du ralentissement de l'économie mondiale et de ses conséquences pour l'économie américaine (et donc sur la poursuite du mouvement de remontée des taux), doit s'exprimer de nouveau jeudi.

Les Bourses asiatiques dans le rouge

HONG KONG - La Bourse de Hong Kong a plongé de plus de 4% peu après son ouverture jeudi et la plupart des marchés asiatiques étaient dans le rouge en raison des craintes quant à l'économie mondiale.

Le dollar était en repli après le discours prudent de la présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen, qui a pris acte des risques posés par les turbulences mondiales actuelles.

Après trois jours de congés liés aux vacances du Nouvel An chinois, les investisseurs hongkongais ont fortement réagi à la chute des marchés mondiaux intervenue en début de semaine.

L'Index Hang Seng a plongé de 4,2% dans les premières minutes des échanges pour tomber à son plus bas niveau depuis juin 2012, avant de se reprendre légèrement. En fin de matinée, elle cédait toujours 3,85%.

La conjoncture internationale n'explique cependant pas tout, certains investisseurs s'inquiétant notamment de l'impact sur le tourisme des violentes émeutes survenues dans la nuit de lundi à mardi lors d'une tentative pour disperser des marchands ambulants dans l'ancienne colonie britannique.

«La chute est inévitable car toutes les places ont baissé pendant cette période (de vacances) et, qu'il s'agisse des prix du pétrole ou des craintes de récession, les mêmes inquiétudes sont toujours présentes», a déclaré à Bloomberg News Steven Leung, analyste chez UOB Kay Hian.

«L'image de la métropole de Hong Kong a été sérieusement écornée» par les émeutes, a-t-il ajouté.

Le décrochage était également notoire sur d'autres places de la région. Séoul cédait 2,4%, Singapour 1,3% tandis que Wellington, Jakarta et Manille étaient aussi dans le rouge. Sydney rebondissait légèrement en raison d'achats à bon compte.

Les Bourses de Tokyo, Shanghai et Taipei étaient fermées.

Le dollar est tombé face au yen à un niveau qu'il n'avait plus touché depuis fin 2014, après les propos de Mme Yellen.

Les développements économiques à l'étranger «comportent des risques pour la croissance américaine», a estimé mercredi Mme Yellen dans un discours devant la Commission financière de la Chambre des représentants.

Mme Yellen a notamment signalé «les incertitudes sur la politique de change» en Chine qui accroissent «la volatilité sur les marchés financiers».

Le billet vert est tombé juste après ces propos à 113,40 yens, contre 115,14 yens. Jeudi, il a dégringolé à 112,58 yens, son plus bas niveau depuis novembre 2014.

Le dollar était en recul face à plusieurs devises de la zone Asie-Pacifique, notamment le dollar australien, le won sud-coréen, la roupie indonésienne et le ringgit malaisien.