Wall Street a fortement baissé lundi, dans la foulée d'un accès d'inquiétude des principales Bourses internationales sur l'économie mondiale: le Dow Jones a perdu 1,92 % et le Nasdaq 3,04 %.

Mis à jour le 28 sept. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon des résultats définitifs, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average, qui a un temps reculé de plus de 2 %, a cédé 312,78 points à 16 001,89 points, et le Nasdaq, plombé par une chute des biotechnologies, 142,53 points à 4543,97 points.

L'indice élargi S&P 500, très surveillé par les investisseurs, a abandonné 2,57 %, soit 49,57 points, à 1881,77 points.

Moins qu'une mauvaise nouvelle spécifique, c'est le fait qu'il n'y ait «pratiquement aucune actualité favorable», qui a pesé sur le marché, a estimé David Levy de Kenjol Capital Management.

Dans ce cadre, les marchés se sont donc une nouvelle fois inquiétés de la croissance mondiale, en premier lieu chinoise, après un indicateur défavorable sur l'industrie de la deuxième économie mondiale, et de la déprime des matières premières, les cours du pétrole ayant cédé plus d'un dollar le baril à New York.

Plus particulièrement aux États-Unis, les investisseurs se demandent si le bras de fer entre le président démocrate Barack Obama et les élus républicains, majoritaires au Congrès, risque d'aboutir à un blocage budgétaire.

«Le marché reste largement dominé par les incertitudes», a résumé Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital.

Toutefois, en ce début de semaine, «il n'y a rien de nouveau d'un point de vue concret», qui justifierait en soit une telle baisse, a tempéré M. Levy, pour qui certains investisseurs ont été tentés d'accélérer le mouvement de vente pour des raisons comptables à l'approche de la fin du trimestre.

Face à cette déprime générale, les indicateurs américains du jour, pourtant nombreux, n'ont guère influencé le marché, entre une hausse supérieure aux attentes des dépenses des ménages, moteur de la croissance américaine, en août aux États-Unis, et un recul inattendu des promesses de ventes de logements en août.

Alcoa surnage

Dans le détail, «les secteurs à la traîne continuent à enregistrer de très mauvaises performances, comme l'énergie», a souligné M. Levy. «Et ceux qui étaient à une époque en tête, comme la santé, sont aussi en train de beaucoup souffrir aujourd'hui.»

Le secteur de la santé souffre notamment de la fronde contre la hausse excessive des prix des médicaments aux États-Unis, qui a plus particulièrement fait plonger le titre du groupe pharmaceutique canadien Valeant (-16,53 % à 166,50 dollars) sur sa cotation new-yorkaise à la suite d'accusations d'élus américains.

Très lié à la santé, le secteur des biotechnologies a plongé de plus de 6 % au sein du Nasdaq, expliquant la chute particulièrement importante de l'indice.

Parmi les autres valeurs, les groupes de services pétroliers Halliburton et Baker Hughes ont respectivement perdu 4,82 % 34,93 dollars et 3,81 % à 50,50 dollars, après avoir dit envisager des cessions supplémentaires d'actifs, dans l'espoir de satisfaire les autorités de la concurrence américaines, réticentes à leur mariage.

Aussi lié aux matières premières, le spécialiste du transport de gaz naturel Energy Transfer Equity (ETE) a chuté de 12,69 % à 20,29 dollars après avoir annoncé l'acquisition pour un peu moins de 40 milliards de dollars de son concurrent Williams Companies, qui a plongé de 12,12 % à 36,56 dollars.

Le groupe informatique Apple n'a pas profité de l'annonce de ventes élevées pour ses nouveaux iPhone, qui à plus de 13 millions d'exemplaires sont sans précédent pour un week-end de lancement de produits du groupe informatique, et a perdu 1,98 % à 112,44 dollars.

Contre la tendance, le géant de l'aluminium américain Alcoa a bondi de 5,73 % à 9,59 dollars après s'être résolu à se scinder en deux sociétés indépendantes.

Le réseau de télévision local Media General, basé en Virginie (est), s'est envolé de 22,33 % à 13,64 dollars, après une offre de rachat du texan Nexstar Broadcasting, qui a perdu 2,27 % à 43,51 dollars.

Le marché de la dette, vers lequel se tournent souvent les investisseurs en cas d'incertitudes, avançait nettement. Vers 16 h 35, le rendement des bons du Trésor à dix ans baissait à 2,094 %, contre 2,165 % vendredi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,877 %, contre 2,960 %.