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Deux vedettes de Wall Street émettent une mise en garde

Le 8 avril, Jamie Dimon, le très respecté... (PHOTO RICHARD DREW, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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Le 8 avril, Jamie Dimon, le très respecté PDG de la banque JPMorgan Chase, a tiré le premier la sonnette d'alarme.

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Agence France-Presse
New York

Deux gourous de Wall Street mettent en garde contre des cadeaux excessifs faits aux actionnaires et la forte volatilité qui alimentent la réussite insolente, bien supérieure aux performances de l'économie réelle, que connaît actuellement la célèbre place financière.

Dans une lettre adressée mardi aux patrons de 500 grandes entreprises américaines, le directeur général du fonds BlackRock, premier gestionnaire d'actifs au monde, reproche aux grandes entreprises d'être trop généreuses avec leurs actionnaires alors que les grandes banques centrales ont littéralement inondé de liquidités les marchés financiers (et donc les entreprises) ces dernières années dans le but de soutenir l'économie.

En cause la croissance exponentielle des programmes de rachat d'actions et la montée continue des dividendes, des mesures destinées à gâter les investisseurs et contribuant à l'envolée des indices boursiers, énumère Laurence Fink dans ce document dévoilé par le New York Times sur son site internet. Ceci se fait, selon lui, au détriment de la croissance à long terme.

Le 8 avril, c'est Jamie Dimon, le très respecté PDG de la banque JPMorgan Chase, qui a tiré le premier la sonnette d'alarme.

Dans la lettre annuelle adressée à ses actionnaires, le banquier mettait en avant certaines fluctuations étonnantes observées récemment sur les marchés des changes ou des obligations, des anomalies qui pourraient avoir des conséquences importantes si elles devaient se répéter.

Mais ses remarques prônaient plus de laisser-faire: les banques, entravées par l'apparition de multiples règles censées mieux les réguler, auront sans doute moins de marge de manoeuvre pour gérer la prochaine crise financière, estimait-il.

Pour le responsable de BlackRock, qui gère plus de 4000 milliards de dollars d'actifs, ce ne sont pas les nouvelles réglementations le danger, mais plutôt «les effets des phénomènes de court terme qui sont inquiétants, à la fois pour ceux qui cherchent à économiser pour des objectifs de long terme comme la retraite et pour l'économie dans son ensemble».

50 milliards de dollars

Les mesures financières adoptées pour faire plaisir aux actionnaires, souvent sous la pression de fonds activistes, se font aux dépens de l'investissement dans «l'innovation, les salariés qualifiés ou les dépenses de capital essentielles pour nourrir une croissance à long terme», juge M. Fink.

Les grands noms de la cote de la Bourse de New York n'ont pourtant pas hésité à ouvrir en grand leur portefeuille ces derniers mois, à l'instar du programme de rachat d'actions de 50 milliards de dollars annoncé par General Electric la semaine dernière.

Selon une étude de S&P Dow Jones, c'est au total plus de 900 milliards de dollars qui ont été redistribués en 2014 aux actionnaires des entreprises composant l'indice américain S&P 500, un record et une hausse de près de 15% sur un an seulement.

En Europe aussi, le phénomène existe, à l'instar de Shell qui a annoncé début avril un programme de rachat d'actions de 25 milliards de dollars sur 2017-2020.

Tout cet argent redistribué aux actionnaires «envoie un message décourageant sur la capacité d'une entreprise à utiliser ses ressources à bon escient et à développer un plan cohérent pour la création de valeur à long terme», avance M. Fink.

Le patron de BlackRock peut se permettre de tenir un tel discours, son modèle économique reposant principalement sur des investissements au long cours.

Il s'inscrit ainsi dans le sillage d'un autre investisseur de renom, Warren Buffett, réputé pour sa politique d'investissement basée sur des paris de long terme. L'action de son holding Berkshire Hattaway n'en a pas moins grimpé de 27% l'an dernier.

Leur position prend en tout cas le contre-pied des pratiques déployées par des activistes comme Carl Icahn, Nelson Peltz ou Bill Ackman, qui multiplient ces derniers temps les assauts pour forcer les entreprises ciblées à dégager le plus de valeur possible pour leurs actionnaires.




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