Investisseur de long terme, François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille chez Giverny Capital, aime des sociétés rentables, sous-évaluées par les marchés, et les garde longtemps en portefeuille. Mais sa patience a des limites. Et la limite a été dépassée dans les cas de Microsoft et Hewlett-Packard. Les deux sociétés ont procédé depuis la parution de sa sélection le 11 avril 2011 à des acquisitions coûteuses. M. Rochon, un disciple de Warren Buffett, n'en comprend pas la logique. Le temps est venu de tourner la page, d'après lui.

André Dubuc LA PRESSE

Hewlett-Packard [[|ticker sym='HPQ'|]]

Fermeture vendredi: 26,11$US

Prix le 8 avril 2011: 40,70$US

Variation entre le 8 avril et le 14 octobre 2011: -37,03$US

Dividende annuel: 0,48$

Un gâchis? «C'est une compagnie qui a des problèmes métaphysiques, qui se cherche en fait et qui fait de drôles d'acquisitions (Autonomy pour 10 milliards US)», dit M. Rochon. Le patron d'HP, Leo Apotheker, s'est fait montrer la porte avec un parachute doré. Pour 11 mois de travail, il a reçu un total de 23 millions US. Ça suffit. M. Rochon passe à autre chose, même si HP se vend à prix d'aubaine. À la place, il choisit la banque Wells Fargo, qui se vend à 10 fois les profits de 2011 et 8 fois ceux de 2012. «Quand tout le monde s'inquiète des mauvais prêts de banques, ça veut dire que le pire est passé», dit-il.

Microsoft [[|ticker sym='MSFT'|]]

Fermeture vendredi: 27,27$US

Prix le 8 avril 2011: 26,07$US

Variation entre le 8 avril et le 14 octobre 2011: 4,26$US

Dividende annuel: 0,80$US

En avril. M. Rochon affirmait que la meilleure chose que Microsoft pouvait faire avec ses milliards en encaisse, c'était de racheter ses actions. À la place, le patron Steve Ballmer a choisi d'acquérir Skype (téléconférences par internet). «C'est un bon produit, mais je pense que Microsoft a payé 3 milliards de dollars trop cher», dit M. Rochon. La gestion des capitaux chez Microsoft n'est pas toujours faite dans l'intérêt des actionnaires, déplore-t-il. De guerre lasse, il vend le fabricant de Windows, lui pourtant un fan de longue date, et opte pour Berkshire Hathaway (BRK.B), le holding de M. Buffett. L'oracle d'Omaha a annoncé fin septembre qu'il rachèterait de ses actions, au prix déprimé. Si c'est bon pour lui...

Texas Instruments [[|ticker sym='TXN'|]]

Fermeture vendredi: 30,93$US

Prix le 8 avril 2011: 35,17$US

Variation entre le 8 avril et le 14 octobre 2011: -13,56$US

Dividende annuel: 0,68$US

Si M. Rochon reproche à HP et Microsoft de ne pas avoir géré leurs capitaux, il n'a que de bons mots à cet égard à l'endroit de TI, dont il tient le management en haute estime. «L'acquisition de National Semiconductor cadre parfaitement avec son modèle d'affaires», se réjouit-il, encore aujourd'hui. Depuis cinq ans, TI rachète de ses actions. Le gestionnaire de portefeuille, qui tient une chronique dans le quotidien The Gazette, garde le titre en portefeuille.

Google [[|ticker sym='GOOG'|]]

Fermeture vendredi: 591,68$US

Prix le 8 avril 2011: 578,16$US

Variation entre le 8 avril et le 14 octobre 2011: -3,32$US

Dividende annuel: n.a.

Google n'a certes pas le même souci dans la gestion de ses capitaux que TI, mais, à tout le moins, le moteur de recherche internet est appelé à croître de façon spectaculaire dans les prochaines années, ce qui n'est plus le cas avec Microsoft et HP. Pour le gestionnaire de 42 ans, c'est une raison suffisante pour ne pas se décourager du prix exorbitant que la société a payé pour Motorola. «Le potentiel de leur système d'exploitation Android dans le sans-fil est énorme.» Il rachète du Google au prix actuel.

Best Buy [[|ticker sym='BBY'|]]

Fermeture vendredi: 25,66$US

Prix le 8 avril 2011: 29,70$US

Variation entre le 8 avril et le 14 octobre 2011: -13,97$US

Dividende annuel: 0,64$US

«Best Buy est intéressant, car c'est un titre extrêmement sous-évalué à huit fois les profits de 2011», souligne François Rochon. Le détaillant nord-américain, qui possède une position dominante dans la vente d'appareils électroniques, procède à des rachats imposants de ses actions. Best Buy est l'exemple parfait d'un titre «valeur», selon notre invité. Il en rachète.