Les Bourses européennes accentuaient leur hausse lundi en milieu de journée, portées par un envol des valeurs bancaires soutenu par l'espoir d'une recapitalisation de certains établissements, dans un marché cependant toujours nerveux face à la crise de la dette.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Après une ouverture en nette baisse, puis une légère remontée, les places financières passaient allègrement les 2% de hausse, à l'exception de Londres en plus légère ascension.

Peu avant 10h00 GMT (6h00 à Montréal), Paris gagnait 2,12%, Francfort 2,40%, Milan 2,99%, Madrid 2,73% et Londres 0,80%.

En Asie, la défiance est restée par contre très élevée, la Bourse de Tokyo ayant chuté de 2,17% en clôture, la flambée du yen venant s'ajoutant aux inquiétudes persistantes quant à la croissance mondiale. Il s'agit de son plus bas niveau depuis 30 mois. La Bourse de Thaïlande a même connu un plongeon de plus de 8% en séance lundi.

Malgré un mauvais démarrage, les valeurs bancaires, très exposées aux dettes souveraines des pays de la zone euro, décollaient.

Après avoir été considérée la semaine dernière comme un très mauvais présage par les marchés, la perspective d'une recapitalisation de certaines banques était finalement perçue lundi par les investisseurs comme le signe d'un engagement des États.

À Milan, Intesa Sanpaolo s'envolait de 8,61%, UBI Banca de 7% et UniCredit de 6,04%.

À Paris, BNP Paribas gagnait 8,04%, Crédit Agricole de 6,10% et Société Générale de 4,87%.

«Les rumeurs du week-end peuvent aussi jouer un certain rôle, prouvant que l'État est prêt à agir en cas de dérapage de la situation», a estimé un analyste parisien sous couvert d'anonymat.

Selon le Journal du dimanche, le gouvernement a proposé à BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE et Crédit Mutuel, de les renflouer à hauteur de 10 à 15 milliards d'euros.

Plusieurs sources, dont la ministre du Budget, Valérie Pécresse, ont toutefois démenti l'existence d'un tel plan.

«On espère surtout des avancées sérieuses dans les jours qui viennent», commente M. Adjedj alors que s'ouvre une semaine cruciale avec le retour de la troïka des créanciers (Fonds monétaire international, zone euro, NDLR) en Grèce et le vote prévu, jeudi, du Parlement allemand sur l'élargissement du Fonds de soutien européen.

Une première avancée pourrait être de doter ce fonds d'instruments supplémentaires, au-delà de ceux décidés en juillet, a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.