Les divisions au sein de la zone euro et l'absence d'avancées concrètes sur le dossier grec ont fait replonger les Bourses européennes lundi, effaçant le semblant d'optimisme retrouvé la semaine passée.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La réunion de deux jours des ministres des Finances européens en Pologne s'est soldée par un échec.

Non seulement les responsables européens se sont montrés très divisés, mais en plus ils n'ont guère avancé sur la mise en place du second plan d'aide à la Grèce. Autant d'éléments propres à raviver le spectre, particulièrement présent depuis cet été, d'un défaut de paiement de la Grèce.

«Aucune décision n'a été prise pendant la réunion de l'Eurogroupe de ce week-end. Malgré la nécessité d'agir, les dirigeants européens font toujours preuve de lenteur et n'ont toujours pas ratifié les mesures promises le 21 juillet», relèvent les analystes de Saxo Banque dans une note.

Le manque de réponse «n'est pas susceptible d'apaiser rapidement les inquiétudes des investisseurs. La valorisation des marchés européens restera faible tant que les investisseurs n'auront pas le sentiment qu'une solution durable n'a pas été trouvée pour la Grèce», renchérissent les économistes du courtier Aurel BGC.

Si une certaine prudence avait été conservée avant le week-end, de nombreuses Bourses, comme Wall Street ou Francfort ayant terminé en hausse, la réaction des places financières lundi matin était sans équivoque.

Les Bourses asiatiques -Tokyo était fermé- ont fini en baisse, Hong Kong de 2,76%, Shanghai de 1,79%, Sydney de 1,64% et Séoul de 1,04%. Les Bourses européennes ont ouvert sur une forte chute.

Vers 4h45, Paris plongeait de 2,40%, Francfort de 2,55%, Londres de 1,85%, Milan de 1,84% et Madrid de 1,86%.

Les valeurs bancaires en Europe étaient encore une fois les premières victimes, même si l'agence d'évaluation financière Moody's a prolongé vendredi la période d'examen de la note de l'Italie, qu'elle envisage d'abaisser. Des rumeurs de dégradation avaient pesé sur plusieurs titres bancaires.

Dans la matinée, à la Bourse de Paris, BNP Paribas perdait ainsi 2,54% et Société Générale 4,17%.

La Grèce sera une nouvelle fois lundi au coeur de toutes les attentes, avec la tenue à 8h00 d'une téléconférence avec la troïka représentant les créanciers du pays, à savoir la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

Le pays essaiera de montrer qu'il respecte ses engagements budgétaires, seul moyen d'obtenir le versement de la prochaine tranche de prêts internationaux de 8 milliards d'euros, une décision attendue finalement attendue qu'en octobre.

Le représentant permanent du FMI à Athènes, Bob Traa, a affirmé dès lundi matin que des économies budgétaires supplémentaires seront «nécessaires».

Conscient de la gravité de la situation, le ministre des Finances grec Evangélos Vénizélos a déclaré que la semaine qui s'ouvre «est une semaine très difficile pour le pays, pour la zone euro et pour moi».

«Il faut avant tout respecter notre objectif pour 2011, réduire le déficit à 1,8 milliard d'euros», a-t-il souligné.

«Notre objectif est d'arriver à un excédent budgétaire en 2012», a-t-il assuré, mais pour atteindre cet objectif, «il faut prendre maintenant des décisions de caractère historique».

Le gouvernement grec a annoncé dès dimanche qu'il procèderait à de nouvelles mesures d'économies en 2012 pour réduire le secteur public.

En l'absence d'indicateur économique majeur, les investisseurs seront également attentifs, à 10h00, au discours du président des États-Unis, Barack Obama, qui devrait proposer une nouvelle réduction du déficit de 3000 milliards de dollars.