Avec les récents reculs de la Bourse, les gains du début de l'année ont été effacés en grande partie. Patrick Proulx, président et cofondateur de Globevest Capital, a surpassé le rendement de la Bourse grâce au maniement des options. Sa sélection de cinq titres du 13 décembre 2010 a produit un rendement total de 5,09%, meilleur que le S&P 500, qui a fait 3% pendant la période, et de beaucoup supérieur au TSX, qui a reculé de 3%.

André Dubuc LA PRESSE

Sa stratégie? Il privilégie la vente d'options de vente sur des titres qu'il voudrait détenir, sous d'autres auspices, ou bien il achète des actions pour lesquelles il vend une option d'achat. Autrement, il choisit des titres à fort dividende d'entreprises qui vont bien.

Vendre une option de vente d'Agrium (AGU)

Prix fermeture vendredi: 82,25$

Prix au 10 décembre 2010: 82,49$

Variation du 10 décembre 2010 au 24 juin 2011: -1,25%

Dividende annuel: 0,11$

En décembre dernier, l'option de vente (put) de l'action de ce fabricant d'engrais, à un prix d'exercice de 74$ arrivant à échéance en janvier 2012, se vendait 7,40$. Le titre d'Agrium se vend 1$ plus bas qu'en décembre dernier. L'option ne vaut plus que 4,75$ pour un profit de 2,65$ sur un investissement de 74$, déposé en garantie. Soit un rendement de 3,58% (prix affichés sur le site de la Bourse de Montréal au bdm.org). Cette somme déposée dans un fonds d'obligations canadiennes de court terme a produit un léger rendement de 2% pendant la période. «Ça montre que cette stratégie permet de dégager un rendement de 8 à 12% même dans un contexte stagnant ou légèrement baissier comme celui que nous vivons actuellement», dit M. Proulx. À conserver.

Total (TOT à NY)

Prix fermeture vendredi: 53,82$US

Prix au 10 décembre 2010: 52,19$US

Variation du 10 décembre 2010 au 24 juin 2011: 5,73%

Dividende annuel: 2,73$US

«Dans une période de turbulences, toucher un dividende élevé est un apport très important au rendement», dit M. Proulx. Dans le cas de Total, l'action a de plus progressé de près de 6%. La pétrolière française a mieux fait que ses pairs compte tenu de sa qualité avec ses réserves de plus de 20 ans. Encore un achat au prix actuel, à huit fois les profits de 2011, selon M. Proulx.

Banque de Montréal (BMO)

Prix fermeture vendredi: 59,69$

Prix au 10 décembre 2010: 61,74$

Variation du 10 décembre 2010 au 24 juin 2011: -2,49%

Dividende annuel: 2,80$

L'action de BMO a reculé de 2,50% depuis le 10 décembre. Son généreux dividende a permis de limiter les pertes. Aujourd'hui, M. Proulx retire BMO de son portefeuille et la remplace par la vente d'une option de vente de Wells Fargo. Au cours des derniers mois, les banques américaines ont beaucoup reculé. L'action de Wells Fargo se vend aujourd'hui à 27,17$. Il propose de vendre un put à un prix d'exercice de 22,50$ d'ici à janvier 2013. La vente de l'option lui rapporte 2,76$ aujourd'hui. À moins d'une nouvelle glissade du prix de l'action, la stratégie lui permettra d'aller chercher un rendement de 15 à 17% en 18 mois.

Verizon (VZ à NY)

Prix fermeture vendredi: 36$

Prix au 10 décembre 2010: 34,04$US

Variation du 10 décembre 2010 au 24 juin 2011: 5,58%

Dividende annuel: 1,95$US

«Dans les périodes de turbulences, les grandes sociétés de télécommunications comme AT&T et Verizon connaissent de très bonnes performances en raison de la stabilité de leurs revenus», dit le portefeuilliste. Pour un investisseur canadien, acheter aujourd'hui Verizon, en dollars américains, procure une certaine protection en cas de dévaluation du dollar canadien. Encore un achat, en raison de son dividende de 5,5%.

Suncor (SU)

Prix fermeture vendredi: 37,01

Prix au 10 décembre 2010: 36,20$

Variation du 10 décembre 2010 au 24 juin 2011: 3,67%

Dividende annuel: 0,44$

En décembre dernier, Patrick Proulx recommandait la vente d'options couvertes de Suncor. Il a acheté la première pétrolière intégrée en importance au Canada à 36,20$ et a vendu pour 3$ une option d'achat à un prix d'exercice de 40$ arrivant à échéance en janvier 2012. L'action de Suncor a gagné près de 4% pendant la période, gain auquel s'ajoute le rendement du call de 2% pendant la période. Le prix du call est en effet passé de 3$ à 2,28$. Une telle stratégie plafonne le gain potentiel à 20% si jamais l'action de Suncor s'envole. Si SU dégringole, M. Proulx ne perd rien tant que Suncor ne glisse pas sous les 33$. À conserver.

Cette chronique fait relâche en juillet.