L'annonce hier par la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine de la mise à l'essai de coupe-circuits boursiers pour les actions d'entreprises dans l'indice S&P 500, en réaction au krach éclair du 6 mai dernier, suscite l'intérêt des régulateurs boursiers au Canada.

Mis à jour le 11 juin 2010
Martin Vallières LA PRESSE

Au point qu'ils pourraient décider d'en mettre au point une variante pour la Bourse canadienne, même si le krach éclair du 6 mai y fut moins virulent que du côté américain.

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«Les commissions de valeurs mobilières du Canada prévoient en discuter au cours de leur prochaine réunion, la semaine prochaine. Chose certaine, nous analyserons le fonctionnement de ses nouveaux coupe-circuits de la SEC afin de déterminer si un tel mécanisme aurait du sens dans le contexte canadien», a indiqué Louis Morisset, surintendant à l'Autorité des marchés financiers (AMF), en marge du congrès international des commissions de valeurs mobilières qui s'est terminé hier à Montréal.

Entre autres, selon M. Morisset, les commissions de valeurs mobilières canadiennes devront déterminer si la structure du marché boursier aux États-Unis, de plus en plus fragmentée entre les Bourses majeures et des marchés alternatifs, est trop différente de celle du Canada pour justifier un projet de coupe-circuits.

Pour sa part, Tom Kloet, président du Groupe TMX, société qui gère la Bourse de Toronto encore dominante au Canada, a indiqué à La Presse Affaires qu'il doutait de la pertinence de coupe-circuits.

«Il s'agit de mesures très ponctuelles qui ne règlent en rien les problèmes de gestion de Bourse qui ont le plus contribué au krach éclair du 6 mai. Ces problèmes découlent d'une supervision inadéquate des transactions d'actions sur des Bourses alternatives, autres que les Bourses principales où ces actions furent inscrites à l'origine.»