La saison des résultats du quatrième trimestre de 2009 démarre cette semaine, à la Bourse canadienne. Elle marquera la fin de la récession des profits des entreprises. Mais attendez avant de sortir le champagne! Cela ne sera pas suffisant pour propulser les actions en 2010.

Stéphanie Grammond
Stéphanie Grammond LA PRESSE

Au Canada, les analystes s'attendent à un rebond de 43%, soit 6,8 milliards de dollars, des bénéfices des sociétés qui font partie de l'indice S&P/TSX composé, rapporte Peter Buchanan, des Marchés mondiaux CIBC.

Ce sera la première hausse des profits depuis le troisième trimestre de 2008. Mais la barre n'est pas très haute: il est plus facile pour les sociétés de surpasser les résultats de l'année précédente, après quatre trimestres consécutifs d'érosion.

Prenez les assureurs et sociétés minières. «Ensemble, ces deux industries procureront les trois quarts de la hausse annuelle des profits, au quatrième trimestre, note M. Buchanan. Mais c'est parce qu'elles reviennent de loin.

Coincés dans la débâcle des marchés financiers, les assureurs avaient encaissé des pertes de plus de 1 milliard au quatrième trimestre de 2008. Voilà que leur rentabilité devrait s'améliorer de 3 milliards. De leur côté, les sociétés minières rehausseront leurs bénéfices de 1,5 milliard, grâce à la remontée spectaculaire du prix des matières premières.

Mais il y aura de la croissance dans la plupart des secteurs de la Bourse canadienne, rapporte M. Buchanan. Les secteurs des soins de santé, des technologies de l'information et des services publics devraient s'en tirer à merveille.

En dépit du rebond de 43% au quatrième trimestre, l'année 2009 se soldera par une chute de 26% de profits, note M. Buchanan. «C'est un repli prononcé, dit-il, mais c'est quand même bien moins grave que le déclin de 80% subi lors de la récession du début des années 90, alors que le prix des matières premières avait plongé encore plus bas.»

Incertitudes pour 2010

Même si elle s'annonce plutôt bonne, la saison des bénéfices ne sera pas nécessairement d'un grand secours pour les investisseurs qui restent sur les dents. Rappelons que la Bourse a glissé de 5%, la semaine dernière, son plus fort recul depuis octobre dernier.

Or, les résultats trimestriels leur réservent probablement peu de bonnes surprises. Comme les analystes financiers ont déjà relevé leurs prévisions, il sera difficile de surpasser leurs attentes. «Le prix des actions reflète beaucoup plus les bonnes nouvelles que lors des trimestres précédents», considère M. Buchanan.

Pour 2010, plusieurs incertitudes persistent. Les sociétés qui sont parvenues à gonfler leurs profits en réduisant les dépenses sauront-elles maintenant accroître leurs revenus? Dans un contexte de reprise économique modérée, auront-elles la capacité de relever leurs prix de vente? Quel sera l'impact de la hausse de 20% du dollar canadien sur les entreprises canadiennes?

Chose certaine, les prévisions de croissance de 26% pour 2010 seront beaucoup plus difficiles à atteindre. Même si de tels rebonds se sont produits après les récessions précédentes, ce n'est pas dans la poche cette fois-ci, dit M. Buchanan, car il faudra tenir compte des effets secondaires du retrait progressif des plans de relance économique des gouvernements.