Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a refusé de préciser hier combien le gouvernement fédéral économisera en haussant graduellement l'âge d'admissibilité au programme de Sécurité de la vieillesse de 65 à 67 ans à partir de 2023.

Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Le ministre s'est borné à dire que les changements controversés visent à assurer la «viabilité» du programme à long terme.

Pourtant, le ministre Flaherty avait laissé entendre la veille devant les journalistes que les changements au programme de Sécurité de la vieillesse permettraient à Ottawa d'économiser entre 10 et 12 milliards de dollars par année, une fois que le nouvel âge donnant droit aux prestations sera en vigueur, en 2029.

«J'ai entendu ce chiffre [10 milliards de dollars]. J'ai aussi entendu 12 milliards de dollars. C'est dans ces eaux-là», avait-il déclaré.

C'était la première fois qu'un ministre du gouvernement Harper avançait un tel chiffre depuis le dépôt du budget. Les ministres conservateurs s'étaient abstenus de donner un chiffre précis de crainte de donner des munitions aux partis de l'opposition.

Bombardé de questions par le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral à ce sujet, hier, alors qu'il témoignait devant un comité parlementaire, M. Flaherty a défendu la réforme proposée en disant que le programme de la Sécurité de la vieillesse n'est pas une caisse de retraite, mais un programme social mis sur pied pour donner un coup de pouce financier aux personnes âgées les plus pauvres.

Le ministre a aussi affirmé que ce programme sera graduellement modifié pour en assurer la pérennité.

«Nous ne faisons pas de projections au-delà d'une période de cinq ans», a encore dit le ministre, venu défendre le projet de loi C-38 destiné à mettre en oeuvre les mesures contenues dans son budget.

«Si vous ne pouvez pas nous dire combien vous allez économiser, comment pouvez-vous dire que le programme n'est pas viable en ce moment?», a pour sa part lancé le député libéral Scott Brison.

«Je peux vous dire que la plupart des pays du monde occidental adoptent ces mêmes réformes», a rétorqué le ministre Flaherty, qui a ajouté que le coût du programme dans 20 ans dépendra du nombre de prestataires.

À l'heure actuelle, le Canada compte l'équivalent de quatre travailleurs pour un retraité. Mais d'ici à 2030, il restera deux travailleurs pour un retraité. Le gouvernement fédéral a versé 36 milliards en prestations de la Sécurité de la vieillesse en 2010. On s'attend à ce que la facture explose à 108 milliards en 2030, à mesure que la population vieillit.

Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, a soutenu dans un récent rapport que le programme est tout à fait viable et que le gouvernement fédéral aura la marge de manoeuvre financière suffisante malgré l'arrivée massive des baby-boomers à la retraite.